Parce que je suis un Mad Runner et que je cours régulièrement, on pourrait être amené à croire que c'est mon unique passion, et que, comme les sportifs, j'ai fait le choix de développer mon corps, plutôt que mon esprit.
Or cela est tout à fait erroné.

Tout d'abord, je ne suis pas un sportif puisque je ne pratique pas un sport (vous avez déjà entendu parler d'une épreuve de mad running aux J.O. ?), mais plutôt une philosophie (du dépassement de soi, mais aussi de l'originalité).
Ensuite, c'est loin d'être mon seul centre d'intérêt (et encore moins mon job), même si j'y consacre un peu de temps. C'est simplement un medium, comme la peinture ou la photo. C'est un moyen d'expression qui n'est pas enfermé dans un contraignant carcan : je cours quand je veux, et de la manière qui me plaît (même si ça doit me coûter une blessure de temps en temps).

Enfin, trêve de blabla...
Je souhaitais également vous montrer que les poètes se sont intéressé à la course (hé oui !).
Voici ainsi un très beau poème de Philippe Desportes, tiré de son recueil intitulé "Les amours de Diane" :

S'il est vrai que le ciel ait sa course éternelle

S'il est vrai que le ciel ait sa course éternelle,
Que l'air soit inconstant, la mer sans fermeté,
Que la terre en hiver ne ressemble à l'été,
Et que pour varier la nature soit belle ;

S'il est vrai que l'esprit d'origine immortelle,
Cherchant toujours d'apprendre, aime la nouveauté,
Et si même le corps, pour durer en santé,
Change avec les saisons de demeure nouvelle ;

D'où vient qu'étant forcé par la rigueur des cieux
À changer, non de coeur, mais de terre et de lieux,
Je ne guérisse point de ma vive pointure ?

D'où vient que tout me fâche et me déplaise tant ?
Hélas ! c'est que je suis seul au monde constant
Et que le changement est contre ma nature.


Bon, alors d'accord, vous allez me dire que seul le premier vers parle de course, et qu'en plus c'est de la course du ciel... Soyez bons joueurs ! Le poème est tout de même très beau, non ? Hmmm... je vois bien que vous n'êtes pas convaincus. Alors voici un autre poème, cette fois de José-Maria Heredia, tiré de son recueil intitulé "Les trophées" :

Le coureur

Tel que Delphes l'a vu quand, Thymos le suivant,
Il volait par le stade aux clameurs de la foule,
Tel Ladas court encor sur le socle qu'il foule
D'un pied de bronze, svelte et plus vif que le vent.

Le bras tendu, l'oeil fixe et le torse en avant,
Une sueur d'airain à son front perle et coule ;
On dirait que l'athlète a jailli hors du moule,
Tandis que le sculpteur le fondait, tout vivant.

Il palpite, il frémit d'espérance et de fièvre,
Son flanc halète, l'air qu'il fend manque à sa lèvre
Et l'effort fait saillir ses muscles de métal ;

L'irrésistible élan de la course l'entraîne
Et passant par-dessus son propre piédestal,
Vers la palme et le but il va fuir dans l'arène.

Ha ! Quand sport et littérature se rencontrent ! Quand le corps se lie à l'esprit ! Comme c'est beau...

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