Mad Runner

Toute course est une aventure. Et ces aventures sont autant de défis. Relevons-les.

28 septembre 2007

Message à retardement...

Vous êtes en train de lire un message que j'ai écrit il y a déjà plus d'une semaine.
Et il se poste seulement maintenant. Pratique cette fonctionnalité.
A l'heure où vous lisez ces lignes, je suis dans le Haut-Atlas, et je me fais un p'tit trekking au Maroc.
Mais pourquoi ce message, me direz-vous.
Dans le jargon prétentieux et anglophone de la pub, on appelle ça un teaser (mais je suis sûr que je ne vous apprends rien).
C'est pour vous faire baver. Ouais, parce que, ok, vous n'êtes pas en ce moment avec moi, mais dès lundi, je serai de retour avec masse photos et racontage d'aventure avec anecdotes tout droit sorties du bivouac à 3000 mètres d'altitude.

Donc je vous souhaite un bon week-end, et rendez-vous lundi !

Posté par Sia_ à 23:47 - Mad Note - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 septembre 2007

Parce que je le vaux bien

    Il arrive parfois qu'on travaille durement. Il arrive parfois que l'on fournisse de gros efforts. Et il arrive parfois que, même en ayant travaillé et fait des efforts, on échoue à atteindre nos objectifs. Dans ce genre de moment, on est tenté de se dire que tout ceci est injuste, ce n'est pas normal, le monde est mal foutu, c'est la poisse totale qui m'colle aux basques, je dois être maudit et damné depuis 82 générations par un sorcier vaudou, bref, je mérite mieux, je vaux plus.

    D'ailleurs justement, y'a un pote qu'est là et qui te dit : "C'est dommage, tu t'es planté, mais pourtant tu le méritais, ce prix. Tu as trimé toute une année pour gagner cette course, et finalement t'es dans le top 10 en partant de la fin". Et il insiste : "Tu vois, les gens qui sont en train de te balancer des fruits pourris ne reconnaissent pas ta vraie valeur !"

    Là dessus, un vieux barbu qui vit dans un tonneau arrive, et lance, moribond : "Ta vraie valeur ? Mais quelle est cette valeur ? Hm ? J'te l'demande, moi. Combien tu vaux, exactement ?"
Le vieux gredin a l'haleine lourde mais la question pertinente, et il est très étrange, mais non moins intéressant, d'essayer de répondre à son interrogatoire inopiné. Esquivant les tomates volantes comme Tom Bombadil esquive les gouttes de pluie, vous tentez une réponse :
"Et bien, pour ce public, je ne vaux rien, mais pour mon pote, je mérite sûrement bien plus."
"Certes, ajoute le vieux rabougri, et ce n'est pas tout : Pour ton chrono, tu vaux 1h56, pour ton podo tu vaux 200 000 pas..."
"Ouais. Et pour mon patron, je vaux un employé qui coûte un salaire précis. Pour mes parents, je vaux un enfant, pour ma compagne, je vaux une moitié."
"Pas mal, fait le vieux puant, tu commences à réfléchir. Donc tu te rends bien compte que tu n'as pas une valeur fixe. Ta valeur dépend certes de tes actions, mais également en partie des gens qui t'estiment."
"Oui mais tout de même, je me suis super entraîné pour cette course, et tout ce travail n'a servit à rien, puisque que je suis loin des premiers."
"Hmmm, marmonne le vieux crasseux, regarde le dernier coureur, celui qui n'arrive même pas à éviter les fruits pourris que lui lance le public. Ce type a travaillé encore plus que toi, beaucoup plus même. Seulement, il s'est blessé, ou bien il avait une baisse de forme aujourd'hui, ou encore, il est obèse même en s'entraînant 2 heures par jour. Et pourtant il a donné tout ce qu'il a pu, et il a travaillé très durement avant. Ne crois-tu pas qu'il méritait mieux ?
Hélas ses actions n'ont pas suffit, et il a perdu, parce qu'il n'est pas parti du même point de départ que les autres."
"C'est injuste ! N'est-on pas censé naître libre et égaux ?"
"Tu te crois dans un jeu, réplique le vieux suant, où chaque pion aurait un même nombre de points répartis dans des caractéristiques. Lui a seulement 1 point en course à pied, mais 6 points en maths. L'autre là-bas, a 5 point en course à pied, mais 2 en maths. Même ainsi les choses ne seraient pas équitables, et de toute façon, ce n'est évidemment pas aussi simple. Certains partent avec plus de points que d'autres. Plus de force, plus d'argent, plus de liberté... les caractéristiques sont nombreuses et les variantes infinies".
"Mais où veux-tu en venir ?"
"Tout simplement, répond le vieux fatigué, à te faire comprendre que "ta vraie valeur" est une ineptie sémantique."
"Donc je devrai ne pas me sentir frustré ?"
"C'est à toi de voir, susurre le vieux racorni, Ton mérite ne fait-il pas partie de ta valeur ?"

***

wanted

Les shérifs savent, eux aussi, fixer des valeurs aux gens.

most_wanted

Ce concept a d'ailleurs été repris dans le jeu "Need for Speed - Most Wanted", où le but du joueur est de collecter un maximum d'amendes sans se faire pincer par les flics pour ainsi acquérir la plus grande valeur possible.

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21 septembre 2007

Le félon Vélib' nous roule dans la farine...

    Tous les franciliens ont entendu parler du Vélib', le système parisien de location de vélos mis en place depuis un peu plus de 2 mois. L'idée semble à priori séduisante, puisqu'avec 15 000 vélos répartis sur un millier de stations, ce dispositif (qui a des précédents à Lyon, à Villeurbanne, à Aix, etc.) permet d'éviter aux parisiens d'emprunter leur voiture 100 fois plus polluante qu'un vélo, et d'ainsi pouvoir profiter pleinement de notre été indien (ou chinois, je suis pas raciste). Seulement, Vélib' n'est pas aussi génial qu'il en a l'air. Pire, ce serait même un traître de la pire espèce...


    Je vous raconterai bien les (très) nombreux dysfonctionnements rencontrés par les usagers, tels que les plantages des bornes sous Micro$oft Window$ version écran bleu, ou encore comment un décalage horaire entre les bornes peut facilement faire payer injustement un usager (qui a dit que le Vélib' ne tourne pas rond ?), mais un article de Wikipédia le fait très bien.
    Je vous parlerai bien de mes (rares) escapades en Vélib' ou mon infaillible sens de l'orientation m'a conduit dans la direction opposée à celle que je souhaitais emprunter, le tout dans d'agréables effluves de gaz d'échappements et avec un vent glacial qui a fait de ma gorge une chatière des plus plaisantes, mais ce ne serait que des anecdotes personnelles, et je veux vous parler du Vélib' en général. Celui avec lequel les flics t'arrêtent quand tu roules sur un trottoir, supprimant des points de ton permis de conduire... voiture ! (C'est un peu comme si t'arrêtais la course à pied parce que t'as mal au doigt).

    Et bien donc, le Canard Enchaîné (dont le slogan est « La liberté de la presse ne s'use que quand on ne s'en sert pas »), dans son édition du 19 septembre, dénonce l'un des fléaux qu'entraîne le Vélib' (en plus de ceux déjà susmentionnés et de ce que j'ai omis) : la pollution ! Si ça vous paraît absurde, bravo, vous avez réussi avec succès le test du conditionnement de la Ville de Paris et de la propagande de Decaux. Lisez vous-même cet extrait...

canard_19_09_07

(cliquez sur l'image pour l'agrandir)

    Bon, de toute façon, depuis le début, je peux pas blairer le vélo (une vieille rancœur contre un de ces engins qui a perdu les pédales dans tous les sens du terme, m'abandonnant au milieu de nulle part (enfin si, dans la Meuse, mais c'est presque nulle part)).
Enfin, si vous êtes passé de la voiture au vélo, vous pouvez devenir encore moins feignasse et vous convertir à... la course à pied !

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15 septembre 2007

Défi 06 - La course du patrimoine (9)

    Et voilà, la course du patrimoine, c'est terminé. Et c'est même terminé définitivement, car pour ma part, je ne remettrai pas les pieds dans les futures éditions de cette course à l'organisation honteuse.

    Comme il était prévu que les inscriptions soient bouclées à 11h, je suis arrivé tranquillement vers 10h45 aux Arènes de Lutèce. Il y avait peu de personnes déjà présentes, mais je me suis dit que la grande majorité des coureurs avaient dû s'inscrire via Internet ou même par la poste.
L'inscription s'est effectuée à l'arrache, et ça donnait bien le ton pour la suite... Une femme sur un banc a pris mon nom et mes 12€, et m'a dit de revenir pour le retrait des dossards, qui devaient arriver à 11h (la course commençant à midi).
Les coureurs ont commencé à affluer dans les arènes, mais ça avait l'air tout de même furieusement vide.
Nous étions entre 200 et 300 inscrits, je pense, à attendre que les dossards arrivent, mais j'avais imaginé 10 fois plus de monde...
    Il était déjà 11h45 (donc on avait eu le temps de se poser quelques questions) quand tous les coureurs se regroupèrent autour des organisateurs. Une vieille rumeur d'annulation de la course parcouru les rangs...
A force de questions, nous vîmes clairement la situation :
- les dossards n'arriveraient jamais
- le camion qui était censé transporter les sacs jusqu'au bout de la course ignorait où se trouvait l'arrivée
- la sécurité était uniquement constituée d'une bande de jeune (une dizaine) à vélo, qui ignoraient quel était le circuit
- pour couronner le tout, la course traversait la technoparade...
On aurait pu ramasser des cailloux pour lapider les organisateurs et fomenter une révolte digne des Arènes, mais cela aurait été contraire à l'esprit sportif. Les coureurs étaient tous super sympas, et avaient envie, plus qu'autre chose, de courir. Alors nous avons décidé de prendre le départ (à l'arrache totale : la ligne de départ a été tracée dans le sable et la confusion), et de laisser tomber les dossards. Aujourd'hui, on allait courir, non pas pour faire un chrono, mais pour relever le challenge de trouver la bonne route, sans sécurité (ou presque), et à travers la circulation et une technoparade.

patrimoine1
Photo prise à mon retour chez moi, avant le régal de la douche.

    Je pense qu'une partie des coureurs a décidé ici que c'en était trop, et ils n'ont pas pris le départ. J'estime que 150 coureurs ont réellement effectué la course. Quant à moi, dès le début, je n'ai eu qu'une idée, c'était de ne pas perdre les coureurs de devant qui ouvraient la voie. De ce fait, je suis parti beaucoup, beaucoup trop vite.
La première moitié du parcours était très surprenante, puisqu'il nous fallait emprunter les pistes cyclables, traverser au vert (ou au rouge mais à ses risques et périls), et slalomer entre les voitures. Aucun fléchage, aucune sécurité, juste un seul but, réussir à suivre le type devant, qui court à un rythme dément.

    Mais on ne peut courir trop vite sans avoir à en subir les conséquences. Je me suis tapé un méga point de côté, qui m'a obligé à marcher (!), alors que j'ai pour principe de base de ne jamais marcher ou m'arrêter au cours d'une course. Cette connerie m'a value la perte de plusieurs minutes au chrono, et je commençais un peu à m'énerver.
Deux coureurs me doublèrent, et ayant vu ma cape et mon bâton, lancèrent au passage un ironique "Tiens, c'est Halloween ?". Je ne sais si cela était une moquerie ou un clin d'oeil, mais je remarquai qu'il courraient plutôt lentement (par rapport à mon rythme habituel). Reprenant ma course, je les suivis de près. J'allais avoir ma revanche.

    La seconde moitié du parcours était sur les quais, ce qui est assez agréable, surtout pour la dernière longue ligne droite qui arrive au Stade de France. Le soleil était revenu, agréable malgré le fait que ma cape me donne chaud. Je doublais certains coureurs, et me faisais doubler par d'autres. C'était là, le meilleur moment de la course, selon moi. C'est là où j'ai déployé mon réel potentiel (je suis fan des lignes droites !).

    L'arrivée au Stade de France fût digne de tout ce qui avait précédé. Sur les derniers mètres, je me suis demandé si c'était vraiment là, l'arrivée... La ligne de fin était délimitée par deux piliers de rugby publicitaires, et... c'est tout !
Je suis parvenu à ce point le douzième, devant la première femme, ce qui me donne une place incroyablement élevée dans le classement, et prouve qu'il s'agissait d'une course quasi "confidentielle". Aux dires des coureurs autour, j'aurais mis environ 1h05, voire 1h10 à effectuer le parcours.

patrimoine2
La médaille qui va rester cachée dans un tiroir... (cliquez pour agrandir)

    Ceci étant, l'un d'eux était équipé d'un podomètre très sophistiqué (avec GPS et tout le tralala) et il affirmait que la course n'avait fait en fait que 13 ou 14km. On s'est d'ailleurs rapidement rendu compte (même en cours de course), que tout le monde n'avait pas effectué le même parcours. D'ailleurs, à l'arrivée, les gens arrivaient de deux endroits différents... Mais bon, il semble que j'ai pris le chemin le plus long (de 14km, donc).

    On a tout de même réussi à récupérer nos sacs, des canettes Leader Price, un T-shirt de basketball (!), et une médaille que j'hésiterai à porter. Les premiers se sont tirés si vite qu'ils n'ont même pas pris leur coupe.
Ainsi donc, malgré la bonne volonté de tous (car c'est ça le drame, tout le monde était de bonne volonté, même les organisateurs ou les jeunes chargés de la sécurité que l'on voyait de temps en temps faire ce qu'ils pouvaient), l'organisation était très mauvaise, tout particulièrement concernant :
- les dossards (que l'on a jamais vu)
- la sécurité (quasi nulle)
- le ravitaillement (inexistant sur le parcours)


patrimoine3
Le bâton que j'avais pour courir, et le T-shirt offert à l'arrivée (photo prise après la divine douche)

    Pour terminer sur une note positive, je dirai que j'ai fait un bon temps (malgré l'erreur d'être parti trop vite), et que mon entraînement ne m'a visiblement pas été inutile. De plus, j'ai vu que j'avais les capacités pour enchaîner sur la course que je me suis prévue le mois prochain...

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14 septembre 2007

Défi 06 - La course du patrimoine (8)

La course du patrimoine, c'est demain !!!
Photos, impressions à chaud et résultats communiqués à 19h00.
Et ce soir, comme d'hab', Pasta Party !

Posté par Sia_ à 19:57 - Défi Officiel - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 septembre 2007

Défi 06 - La course du patrimoine (7)

J'ai effectué mon tout dernier entraînement pour la course du patrimoine hier.
Après 50 minutes avant-hier, j'ai couru encore 30 petites minutes hier, à un rythme rapide.
Je m'arrête maintenant de courir jusqu'à samedi, mais il s'agit bien sûr d'un repos stratégique...

oreiller

Comme j'ai intensifié mon entraînement ces derniers temps, mon corps essaie de compenser en développant les muscles sollicités (cuisses, coeur, etc.). Pour ne rien gâcher, je l'encourage en mangeant deux ou trois trucs bien protéinés (oeufs, viande, poisson, spiruline,...), et des sucres lents (pâtes, patates,...). Durant la période de repos, l'organisme va donc emmagasiner pas mal d'énergie, s'attendant à se prendre une course d'une heure dans les dents. Résultat, samedi, je serai gonflé à bloc pour les 15km ! C'est pas futé, ça ?

Posté par Sia_ à 22:33 - Défi Officiel - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 septembre 2007

Défi 06 - La course du patrimoine (6)

Hello !
Aujourd'hui, course matinale (départ à 10h, ce qui pour moi est très matinal).
Passage rapide au Lac aux Canards, puis enchaînement avec plusieurs tours du Lac des Cygnes (je vous parlerai de ces 2 plans d'eau forts sympathiques dans un prochain billet).
Au total, 60 minutes d'une course bien péchue. Je me suis même permis un pur sprint à la fin qui fait bien plaisir.
Je crois que j'ai retrouvé une pleine confiance en moi et je suis désormais prêt à affronter la course du patrimoine sans aucune inquiétude.

Par contre, je fais appel à vous pour un détail de la course de samedi prochain.
Voilà voilà : N'oublions pas que je suis un peu "mad" dans ma tête. Je ne veux pas, sous prétexte que je fais une course officielle, être rangé comme un vulgaire numéro, un dossard parmi les autres. Donc je vais me déguiser (si, si...).
Les contraintes sont que je veux garder mes baskets et un short. Pour le reste, c'est libre.
J'avais pensé porter un casque romain de centurion, mais le soucis c'est qu'il ne tient pas sur ma tête lorsque je cours (car l'air de rien, une course est une succession de petits bonds).
Donc si vous avez des idées de déguisement, elles sont les bienvenues...

Posté par Sia_ à 23:43 - Défi Officiel - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 septembre 2007

Défi 06 - La course du patrimoine (5)

Je profite de ce jour de repos pour étayer un peu l'un des sujets dont je vous ai parlé brièvement hier : la technique secrète de l'endurance par le rêve...

Grâce à cette technique que j'ai retrouvée hier, je suis capable de faire durer beaucoup plus mon effort. Ca paraît incroyable, mais pourtant ça fonctionne, et ça ne demande presque pas d'entraînement. Voici comment je procède :

Lorsque je dois courir longtemps (disons plus d'une heure), j'ai toujours tendance à "écouter" mon corps. Typiquement, ça se passe comme ça :
Mon genou : "Ho ! ça commence à me gonfler, là. ça fait déjà 45 minutes qu'on court, et je vois toujours pas la maison arriver !"
Ma tête : "Allons, calme toi. Nous avons un défi à surmonter et on va courir un peu plus que d'habitude. Mais tu verras, c'est pas la mer à boire, c'est à ta portée."
Mon genou : "Mouais... Ne faisons pas traîner les choses, quand même, hein"
Ma tête (pour elle-même) : "Ouf, déjà un genou de géré..."
Ma cuisse droite : "Hey ! Les gars ! Je surchauffe ! ça sent le crash, là ! Mayday !"
Ma tête : "Ok la cuisse, ici la tête, je te reçois cinq sur cinq ! On va te sortir de là ! On bascule sur la cuisse gauche."
Ma cuisse gauche : "J'ai compris, je prends 60% des appuis, histoire de relâcher un peu la pression à droite. Faites vite, je tiendrais pas dix ans comme ça !"
Mon poumon droit : "J'ai un déséquilibre. Point de côté prévu dans 45 secondes si le rythme des cuisses n'est pas régularisé rapidement."
Ma tête : "Et merde... A tous les organes ! On va ralentir la course pour reprendre notre souffle et soulager les cuisses. Parés ? 3, 2 , 1... maintenant !"
Mon poumon : "Retour à la normale. J'effectue une ventilation augmentée pour stabiliser le diaphragme à long terme."
Ma tête : "Bien reçu ! Comment vont les cuisses ?"
Ma cuisse droite : "Impec. Merci pour la solidarité, je suis pas comme neuve, mais presque."
Ma cuisse gauche : "Ca roule pour moi aussi ! Je suis opérationnelle à 95%."
Ma tête (à elle-même) : "Bon. Encore une situation d'urgence de sauvée. Combien on a perdu de temps avec ces conneries ? Holala... Il faudrait accélérer un bon coup pour rattraper le retard, mais si je fais ça, tout le monde va basculer dans le rouge..."

Et ça peut continuer très très longtemps comme ça.
Je matte le chrono, je calcule la vitesse à laquelle je vais, et je prie pour que tout ce petit monde (cuisses, genoux, poumons, pieds...) arrive sans mal au bout de la course.

En fait, ce qui se passe, c'est que je m'inquiète trop de savoir si ça va bien ou pas. C'est dans ces moments là, où j'ai failli tout lâcher, mais où j'ai repris la course presque normalement, que j'enclenche l'endurance par le rêve : Au lieu de penser à quel muscle fait quoi, et si j'ai de bonnes sensations ou non, je choisi de penser à autre chose. Le film d'hier soir, la nouvelle que j'écris, la fille que j'aime... Plus le sujet auquel je rêve me tient à coeur, plus l'évasion est aisée. Le corps passe en pilotage automatique, faisant un footing à peine accéléré, et les muscles cessent d'émettre des commentaires et des signaux d'alerte, puisque la tête s'en fout. Mieux encore, les yeux dirigent d'eux-même le corps dans la bonne direction, et les jambes suivent docilement le chemin (à la condition que le circuit ait été préalablement pensé et qu'il ne faille pas choisir quelle direction prendre à chaque carrefour).
Je peux rester dans cet état 10 minutes, et ça prolonge ma course d'autant de temps. Ensuite, je me remets à fond dans ma course, l'esprit frais. Plus tard, je peux recommencer le processus sans problème. Je pense même que le fait de courir aide à obtenir cet état de rêveur.
Et vous, le pilotage automatique, ça vous est déjà arrivé ?

Posté par Sia_ à 23:13 - Défi Officiel - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 septembre 2007

Défi 06 - La course du patrimoine (4)

    Je me suis octroyé un jour de repos hier. C'est nécessaire de ne pas courir tout les jours, d'une part pour éviter la fatigue musculaire, d'autre part pour éviter la lassitude (les deux étant d'ailleurs liés).
Je vais reprendre aujourd'hui.
    Si je me sens bien, je ferai 1h ou 1h15, voire 1h30.

_____________


    Et voilà, c'est chose faite ! J'ai couru 1h20, et j'étais en pleine forme (ou presque).
En fait, j'avais tellement la pêche que je sens que j'aurai pu me faire un semi-marathon ce soir ! Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu autant de bonnes sensations.

    Ma genouillère est visiblement plus efficace que je ne croyais, puisque je n'ai que des douleurs très passagères au genou gauche. J'ai eu aussi un peu mal au pieds sur la fin (assez pour que je décide d'arrêter de courir au bout d'1h20 et non 1h30, de peur de générer des dégâts durables), mais à l'heure où j'écris, ces douleurs ont disparu.

    Comme je travaille assez tard, j'ai été obligé de courir de nuit, alors que je n'avais même pas emmené Galad (ma lampe frontale, souvenez-vous). Du coup, j'ai évité la forêt, mais je suis allé au lac des cygnes (dont je vous parlerai un de ces jours). J'ai (re-)découvert une technique d'endurance par le rêve qu'il faudra aussi que je vous explique dans un prochain billet.

    Bref, un bilan très positif, puisque cette course, en plus de confirmer ma capacité à jouer correctement la course du patrimoine la semaine prochaine, m'a permis de renouer avec le plaisir de la course, que j'avais un peu perdu ces derniers temps.

Posté par Sia_ à 23:55 - Défi Officiel - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 septembre 2007

Défi 06 - La course du patrimoine (3)

J'ai encore couru 45 minutes aujourd'hui.
Ces quelques minutes suffisent à m'entraîner, je pense. Ca me donne un rythme de course que je retrouverai le jour J, et ça me rassure (je vois que je sais toujours courir...).
Pourquoi pas allonger l'entraînement ? En 1h30 maxi, c'est théoriquement possible de parcourir les fameux 15km.
Je ne cours pas sur cette distance car j'ai un problème au genoux gauche. Je dirai que c'est comme un début de tendinite, mais je ne suis pas trop sûr. Ca ne fait pas mal tout de suite, mais seulement après plusieurs minutes d'efforts. A chaque fois que je vais courir, je suis toujours préoccupé par mes genoux, et donc en particulier par le gauche.
Pour être certain que tout se passera bien jusqu'à la course, je le protège avec une genouillère.

genouillere

Mais est-ce réellement suffisant ?
Disons que ce n'est pas une genouillère magique qui me soignerait mon genou et le rendrait comme neuf. Non, en fait, j'ai l'impression que ça déporte l'effort subit sur la cuisse. Du coup, j'ai quand même mal au genou si je cours trop longtemps, et en plus j'ai mal à la cuisse (mais ça ne dure pas, heureusement).
Tout ceci explique pourquoi je ne cours pas plus longtemps.

Mais je vais quand même avoir besoin de me rassurer un bon coup avant le jour J, et de faire ces 15 foutus kilomètres. Je vais donc faire ça cette semaine (car bien entendu, ce serait trop risqué de le faire la semaine prochaine).

J'ai l'impression d'enchaîner les malédictions : d'abord le pied, maintenant le genou... mais je ne renoncerai pas, au contraire, c'est maintenant, dans la difficulté, que la lutte contre moi-même prend le plus de sens.

Posté par Sia_ à 23:48 - Défi Officiel - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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