26 novembre 2007
Déchiffrer
J'avance, reprenant toujours et toujours la même route.
Le vent est peut-être plus froid encore qu'à l'accoutumée.
Et tout en courant sur ce chemin de vie, je songe.
A quoi pensent les gens qui ont le regard vide dans le métro ? A quoi pensent les gens qui se pressent dans les couloirs ? A quoi pensent les runners ?
Ont-ils tous les yeux rivés sur leur montre, leur chronomètre ? Faut-il donc regarder le temps que l'on a perdu et celui que l'on continue à perdre ?
Certains runners utilisent un cardiofréquencemètre, qui mesure la fréquence des pulsations du cœur. Faut-il donc apporter un soin particulier à écouter son palpitant ?
Toutes ces données, tout ces chiffres, ne sont pourtant rien sans une interprétation, sans un déchiffrage.
Le temps a passé bien vite, et comme souvent, je suis en retard. Pas besoin de chrono pour le savoir.
Pour mon cœur, c'est différent : je n'arrive pas a déchiffrer ce qu'il me dit. Bat-il trop vite ? Et si oui, est-ce réellement dangereux ? Quels sont les risques ?
Cela fait un certain temps que je cours sans trop savoir où je vais, guidé par mes habitudes.
J'avance, reprenant toujours et toujours la même route.
Le vent est peut-être plus froid encore qu'à l'accoutumée.
Et tout en courant sur ce chemin de vie, je songe.
18 novembre 2007
Défi 09 - Semi-marathon de Boulogne Billancourt (3)
"Roulant" qu'ils disaient ! A part ça, il y a juste quelques montagnes russes dans des tunnels...
J'ai foiré mon objectif (je m'y attendais), mais ça importe peu, finalement. Après tout, le chrono n'est pas à lui seul ce que l'on peut rechercher dans une course. Voici donc mes résultats, mes appréciations rapides, suivi de mon récit. Les photos viendront les jours prochains (le temps de mettre la main sur les photographes).
Temps : 1h35'20"
Position : 999ème/3537
organisation (globalement bonne, elle justifie tout à fait le prix de l'inscription)
les plus : efficacité au retrait de dossard et aux consignes, thé offert avant le départ, sac offert, poncho à l'arrivée, le sms qui te donne ton temps
les moins : décidément trop tard dans la saison pour moi (trop froid), consignes loin de l'arrivée, difficile de trouver l'affichage des résultats.
Arriver jusqu'au retrait des dossards n'a finalement pas posé trop de problème, car j'ai eu la chance de trouver un métro malgré la grève en cours. Une fois sur place, le retrait s'est effectué rapidement (pas de queue comme on en trouve souvent), et l'organisation nous a offert un T-shirt (plutôt beau) et un sac (plutôt sympa). Après la pause toilette et boisson chaude, je suis parti rejoindre la ligne de départ en trottinant, histoire de s'échauffer.
10h00, le coup d'envoi est donné, et les quelques 3500 coureurs franchissent la ligne de départ. Sur les 5 premiers km, j'ai eu grand mal à trouver mon rythme. Mes pauvres gambettes n'étaient plus habituées à courir, et je me suis emmêlé dans le chrono (vivement que le père noël m'amène un chrono correct !). Alors j'ai choisi de suivre le ballon bleu. Ballon bleu ? Ah oui. Au semi-marathon de Boulogne Billancourt, il y a des coureurs qu'on appelle des meneurs d'allure (ou des lièvres), qui on un ballon de baudruche qui vole au dessus d'eux. Ces types sont censés courir à une allure bien définie. Et là, le ballon bleu courait à priori pour faire 1h30. Et bah, il m'est passé devant, et je ne l'ai pas accroché plus de 30 secondes ! Il s'est barré, je ne l'ai plus jamais revu ! Enfin, arrivé au premier ravitos (5km), j'ai vu que j'avais mis 22'40". Ca m'a rassuré, car ce temps doit donner plus ou moins 1h35 au final, et en début de course, je craignais vraiment de repasser sous la barre des 1h45.
J'ai donc naturellement essayé d'accélérer, pour gagner la poignée de secondes qui me permettrait de battre mon record.

Départ de la course : comme d'hab', c'est un beau bordel
Il faisait froid, mais ça allait quand même niveau température. Par contre, je crois que je forçais quand même un peu trop sur la machine, et j'ai eu du mal de profiter pleinement des animations (plusieurs petites fanfares conviviales) et du public (peu nombreux mais actif). Les 10km furent parcourus en 44'. Non seulement j'allais à un bon rythme (10km en 44minutes, ça donne 1h32 pour le semi), mais en plus je conservais une certaine régularité. C'était vraiment tip top, et j'étais en train de me dire que, finalement, ça servait à rien de s'entraîner, et que j'allais battre un record. Et puis ma "blessure" au pied droit s'est réveillée, et un vent froid m'est arrivé en pleine face.

Même en milieu de course, pour peu qu'on suive un lièvre, on était bien entouré...
Le troisième ravitos (15ème km) m'a pourtant vu arriver sans faiblir en 66 minutes, et j'avais donc réussi à encore maintenir la vitesse pour faire un 1h32. Mais je ne pouvais pas continuer longtemps comme ça, le 15ème m'étant toujours assez hostile. Au 20ème, j'avais perdu 2 minutes de régularité. Ca y est, j'avais couru 1h30... mais il restait 1km...
Et ce foutu 21ème km fût le plus long de tous. Je n'en voyais pas le bout. Je trouve ça réellement fascinant. Faudrait que je me renseigne : je serai pas étonné qu'il y ait un peu plus que 21km en tout.
Enfin bref, vous connaissez la suite, j'ai mis 5'20" à parcourir ce dernier bout de chemin (alors que 4'40" me suffisaient en début de course). Mais je suis arrivé 999ème, ce qui est un assez joli chiffre.

Je viens de voir la ligne d'arrivée, et je suis en train de réaliser qu'il me reste des forces.
ça me met doucement la rage.
Et puis j'ai bien hurlé et sprinté à la fin. Je suis toujours surpris de me découvrir autant d'énergie en bout de course alors que je me croyais à vide la seconde d'avant et qu'une fois la ligne d'arrivée franchie, c'est tout juste si je ne m'écroule pas.
Ce hurlement final est de toute façon une sorte de signature, je ne peux pas ne pas le faire, c'est plus fort que moi.

Un cri de défi aux ours polaires.
Non, mais moi, sur les 50 derniers mètres, je ne connais plus personne.
Bonne course donc, même si j'ai régressé, ce qui est un peu normal dès lors où j'ai abandonné l'entraînement. C'est justement la preuve que ce dernier est important et qu'il ne faut pas le négliger. J'en prends bonne note. Mon prochain semi-marathon sera en 2008, après mon hibernation. Et ça se passera à... Paris !

Photo Bonus : Dossard, T-Shirt et sac, le tout couleur révolution :)
Par contre ce qu'on ne voit pas ici, c'est le fait que je sois amputé du pied droit...
Trilogie bonus (pour les fans de sacs ;))
(Cliquez pour agrandir)
17 novembre 2007
Défi 09 - Semi-marathon de Boulogne Billancourt (2)
Voici les dernières news avant le coup de pistolet...
Tout d'abord, la condition pour que je me lance, était de ne plus avoir mal au pied. A force de me gaver de compléments alimentaires (Aubier de tilleul, Calcium, Vitamine D, Harpagophytum, etc.), et surtout grâce au repos forcé auquel je me suis astreint, mon pied semble au meilleur de sa forme, depuis le début de la semaine. Et là, on se dit que la condition pour que je cours est donc remplie, et on attend avec une fébrilité non dissimulée le jour de la course.
Sauf que...
Sauf que, de ne pas courir pendant un mois, l'air de rien, ça engourdit méchamment les cuisses et les molets. Ces braves muscles n'ont pas compris qu'il s'agissaient de vacances temporaires, et ils ont tablé sur une pré-retraite fort précoce. Pas de pot pour eux, le planning risque de les solliciter encore quelque peu...
D'autant que, je ne sais pas si vous avez noté, mais la chaleur n'est pas à proprement parlé ce qui caractérise la météo de nos matinées dignes... d'un mois de novembre ! Il paraît que pendant la course, la température hésitera à devenir positive. Cette fois, on pourra vraiment dire que les candidats sont givrés. Espérons juste que cette chute thermique ne provoquera pas d'autres chutes plus douloureuses.
Gants, T-shirt à manches longues, bonnet, polaire... J'ai décidé de m'équiper un peu : Le corps devra déjà fournir un effort physique important, inutile de lui demander en plus de pousser la chaudière interne plein pot. J'aimerai bien avoir aussi un accessoire vestimentaire impromptu. J'y réfléchi, et je vous fais la surprise dimanche !
Bref, tout ça pour dire que je commence tout doucement à perdre ma motivation pour cette course. Bien sûr, cette démotivation n'est pas due qu'au climat et à mon non-entraînement. D'autres facteurs jouent, comme par exemple le fait que je ne me sente pas en pleine santé, le fait que j'apprécie rarement les levés à la fraîche le dimanche matin, surtout en hiver, le fait que les astres lumineux sont souvent voilés en ce moment, et puis le fait que la RATP est en grêve.
Je vais m'attarder juste un instant sur ce dernier point. Si la grève des transports est reconduite jusqu'au dimanche (et ça semble hélas être le cas), il va falloir que j'aille au point de départ à pied. Comme je suis d'un naturel taquin, j'habite précisément de l'autre côté de Paris. Mappy estime qu'il y a 14,65km à parcourir. En 3h41.
Je vous l'accorde, il est fort lent, mais même si je mets la moitié de ce temps (aller, disons même 1h30), il faut que je parte de chez moi au plus tard à 8h, le retrait des dossards n'ayant lieu que jusqu'à 9h30. Et le principal problème, c'est surtout que je me serai farci 15 bornes avant les 21 de la course... Si c'est pour être crevé avant le départ, je vois mal l'intérêt (quoique... défi, me direz-vous), d'autant plus que je manque cruellement d'entraînement.
Et c'est pour toutes ces joyeuses raisons que j'ignore encore si mon dossard 2101 passera la ligne de départ (et je ne parle même pas du passage de la ligne d'arrivée...)
Bonus :
Le plan de la course (et mes commentaires juste en dessous)

Comme on peut donc le voir, il s'agit d'une espèce de boucle enroulée sur elle même à multiples reprises, tant et si bien qu'à mon avis, on a pas fini de se croiser et recroiser. L'avantage c'est qu'on connaît bien l'avenue à la fin de la matinée. D'ailleurs, il y a des spécialistes qui te diront qu'il y a une bien mauvaise montée au 19km, mais que tout le reste est "roulant", tu vois, alors ça à beau être moche, au moins c'est rapide. Et toi tu te demandes pourquoi tu t'es privé d'éclair au chocolat pendant une semaine pour te payer un dossard que tu dois porter là-bas, et dans le froid. Tu te remets en question : Suis-je atteint d'une pathologie maligne ? Fera-t-il assez froid pour mettre des patins à glace ? Y'aura-t-il des ours polaires dans le public ?
Vous saurez tout cela dès demain...
06 novembre 2007
Défi 09 - Semi-marathon de Boulogne Billancourt (1)
Et ouais, encore un Semi-marathon !
C'est vraiment ma course préférée. Plus tard, je tenterai des 10km ou des 15km, le genre de course où le slalom est roi et où la trajectoire est une règle à maîtriser sur le bout des doigts (de pieds). Un jour aussi, je me lancerai dans des trails, le genre de course en pleine nature où tu deviens l'ami des arbres et des grenouilles. Mais ma course favorite est, et restera, je pense, le Semi-marathon, ni trop long ni trop court, accessible mais avec des temps à battre.
Toutefois pour l'heure, la question est un peu différente : Vais-je vraiment pouvoir courir un Semi-marathon ?
Je suis inscrit, je suis motivé, mais... j'ai toujours mal au pied ! Honnêtement, ça me parait incroyable d'avoir encore mal, vu tout le Yop que je bois. Ou alors justement, mes os deviennent du yaourt. Donc hormis l'entraînement d'une heure de la dernière fois, je n'ai pas recouru depuis le Semi de Reims... le 21 octobre !
J'ai donc décidé la chose suivante : rester au repos, ne pas m'entraîner du tout, attendre que ça se passe. Il y a un dicton chat qui dit : "Quand tu ne sais pas quoi faire, ne fais rien". Pourtant un chat, ça court vite, vous pouvez me croire. Cette histoire me fait d'ailleurs penser qu'un type est arrivé sur mon blog en tapant dans Google "Distance que peut parcourir un chat". Mais on s'éloigne du sujet...
Objectifs : Courir le Semi-Marathon de Boulogne Billancourt sans entraînement en moins d'1h30
A vous de me dire maintenant si ça vous paraît vraiment stupide, voire dangereux, ou juste fun et sans conséquences de courir sans s'être entraîné pendant un mois. Est-ce qu'un record est envisageable, ou bien devrais-je carrément me transformer en spectateur photographe ? Quant à mon mal de pied, je pense pouvoir tenir avec durant les 21km (mais j'espère que ça sera terminé avant le départ).
02 novembre 2007
Reprise surprise
Je bullais peinard chez moi, quand v'la ti pas que je lis que plusieurs runners (sinon tous) qui avaient couru au Semi de Reims avaient repris la course (exemple typique de flagrant délit de reprise d'entraînement : Elisabeth40).
Commençant dangereusement à culpabiliser, et lorgnant du côté de mes chaussures qui prenaient la poussière tel le berger au milieu de ses moutons, je décidai que peut-être, éventuellement, ce ne serait pas une mauvaise idée, de peut-être, reprendre la course un peu, peut-être.
Comme excuse bidon pour ne pas sortir, j'ai hésité quelque peu :
- Je me prépare à un nouveau type de défi : dormir pendant 5 mois ;
- Je danse la tecktonik à chaque fois que je sors de la douche parce que merde il fait super froid où est passée cette satanée serviette ? Et donc je fais du sport, l'air de rien ;
- Les ours-pandas péruviens font la grève des transports et ça fait rire les oiseaux ;
- ou bien, tout con, j'ai mal au pied.
Comme le dernier élément de ma liste s'avère être plus vrai que je ne l'aurai voulu, il explique à lui seul le fait que je n'ai guère eu l'envie de tester de nouvelles chaussures, ou un nouveau short, ou une nouvelle crème qui fait rajeunir de 73 ans.
Par contre je teste le Prele-Harpagophytum (à vos souhaits). Sous ce nom aux consonances hostiles, se cache en fait une simple herbe. Et des phytothérapeutes ont réussi la prouesse de transformer cette herbe en eau jaunâtre, un peu à la manière d'alchimistes à qui on aurait négligemment donné une pierre philosophale.
Et ça ressemble à ça :

Parce qu'en fait, il semble que j'ai une articulation du pied devenue un peu sensible et qui vient de lancer une super opération marketing nommée "un pas = une douleur". C'est rigolo, mais un échantillon m'aurait suffit, merci.
Quoiqu'il en soit, le meilleur remède, comme toujours, est de ne rien faire : pas sprinter, pas courir, pas marcher, pas poser le pied, pathétique.
Donc je suis parti m'entraîner une petite heure.


