25 janvier 2008
Semaine type (le vendredi)
Runneurs, runneuses, et tous les autres, ceci est le dernier jour de la semaine type ! Pour ceux qui n'ont rien suivi et qui se demandent de quoi il retourne et si la lune est bien aussi cubique que la racine, n'hésitez pas à aller consulter le billet d'hier ou un aimable psychiatre.
Pour terminer cette session frisson (même s'il faut garder à l'esprit que les semaines s'enchaînent comme les gentils petits maillons d'un grand diadème annuel), je vais vous parler de la séance d'exercices que j'essaie de faire une fois par semaine. C'est parfaitement ridicule, sûrement inutile, et donc parfaitement en adéquation avec l'idée même de courir quand on serait aussi bien à danser la polka devant sa télé ou plongé avec avidité dans un roman de gare au style bien gras.
Comme les exercices sont très visuels, je vous ai bricolé des petites images qui sont actuellement, disons-le sans ambages, certainement les chef d'œuvres les plus en vue de la Toile d'araignée de mon grenier.
"Genoux d'éther" : Courez en montant les genoux comme si vous deviez vous en servir pour vous frotter le menton. Ce geste vous permettra de développer votre amplitude articulaire et votre capacité à garder votre sang froid devant l'air atterré des badauds stupéfaits.

Astuce : vous pouvez personnaliser votre exercice en courant en bikini, votre drap de bain volant au vent.
"Talon d'agile" : Courez en vous touchant les fesses avec les talons. C'est double emploi : non seulement vous développez, comme dans le premier exercice, votre amplitude articulaire, mais en plus vous vous massez l'arrière-train. N'oubliez pas de respirer, c'est important aussi.

Dans son enthousiasme, cette runneuse étend les bras telle la mouette rieuse prenant son envol.
"Saut tonique" : Cet exercice n'est pas illustré, j'en suis fort contrit, mais je n'ai trouvé aucune runneuse pulpeuse répondant aux stricts critères du casting. Pour remplacer, je vous colle la photo d'un walibi, c'est mignon aussi, et ça coûte moins cher. L'idée est de réaliser une dizaine de sauts en prenant appui sur votre pied gauche, et en laissant l'autre pied courir comme si de rien n'était. Une fois la série de 10 sauts effectuée, changez de pied et recommencez.

Vu les pattes que cette bestiole possède,
avouez que ce serait dommage de pas en profiter pour faire quelques bonds.
Et voilà donc quelques exercices que vous pouvez pratiquer chez vous à toute heure du jour et de la nuit, entre le fromage et le dessert, comme un chien dans un jeu de quille. Ainsi, non content de vous dynamiser, vous épaterez tout votre quartier et assurerez votre réputation de joggeur cinglé jusqu'à la fin de la saison.
Nous remercions la confédération inter-savanes des kangourous néo-zélandais de nous avoir autorisé à réaliser la photo du walibi à l'air furax. Aucune runneuse n'a été mangée durant les séances de shoot.
24 janvier 2008
Semaine type (le jeudi)
Mesdames et messieurs, bonsoir ! Je vais aujourd'hui vous présenter le jeudi d'une semaine type. Pour ceux qui n'ont pas encore vu les précédents messages sur cette fameuse semaine et qui aiment se retourner le cerveau avec des messages absurdes, n'hésitez pas à vous lancer dans la lecture du billet
d'hier.
Généralement, quand on arrive à ce stade de la semaine, on en a plein les pattes.
Je vais pas y aller par cinq chemins qui mènent tous à Rome, aujourd'hui, c'est repos !

Et comme c'est la soirée où on ne court pas (sauf en supermarché, peut-être), c'est le moment idéal pour caser toutes ses autres passions (passage d'aspirateur, vaisselle en retard, brossage de poney, etc.). Mais n'abusons point des bonnes choses, demain reprendront les hostilités. Bonne nuitée !
23 janvier 2008
Semaine type (le mercredi)
Bonsoir à tous,
c'est le moment que vous attendez tous : celui du mad mercredi soir
type ! Pour ceux qui n'ont pas encore tout calculé et qui souhaitent mieux
appréhender de quoi il retourne, n'hésitez pas à aller parcourir le billet
d'hier.
Ce soir, on a le
choix entre être ou ne pas être en forme, telle est la question. Si vous êtes
fatigué, épuisé, usé jusqu’à la corde, que vous rampez dans votre salon pour
pouvoir vous avachir sur votre canap’, alors c’est pas le bon jour pour vous
remettre à courir, même avec un bon jus d’orange (et le bon jus de jaune c’est
encore pire).
Par contre, on peut
très bien imaginer se mettre dans l’expectative de l’hypothèse que pourquoi pas
on sait jamais vous êtes en forme (triangle, par exemple). Et alors là, c’est
tout différent, puisque vous allez profiter de cette énergie inopinément
inopinée pour vous lancer dans une course folle, la Speed, ni plus ni moins.
Affiche de
propagande de la fin du XXème siècle
« Speed : Passez à la
vitesse maxi. Et faites cramer des bus. »
En quoi consiste cet entrainement au titre évocateur ? C’est simple, voici le mode d’emploi en 3 étapes digne d’un plan de montage Ikéa :
1 – Définissez un objectif de temps (45 minutes, ou une heure par exemple)
2 – Echauffez-vous 10 minutes
3 – Courrez pendant le temps imparti à vitesse élevée ET régulière.
Variante :
votre objectif peut-être non pas une durée, mais un lieu géographique. Par
exemple, j’aime bien le Speed Eiffel qui consiste à rejoindre la Tour éponyme
le plus rapidement possible.
Quoiqu’il en soit, l’objectif est de vous rendre complètement amorphe tel une limace par temps de pluie ou un bernard l’hermite sans coquille. Faites l’essai !
22 janvier 2008
Semaine type (le mardi)
Hello les p'tits loups, c'est la minute exclusive en direct des Mad studios ! Pour
ceux qui n'ont pas encore accroché les wagons et qui désirent capter le concept,
n'hésitez pas à aller parcourir le billet d'hier.
L'entraînement reprend avec du grand n'importe quoi. Non ce n'est pas une course poursuite avec Bozo le Clown, non ce n'est pas un concours de qui-peut-faire-le-plus-de-lumière-avec-la-dynamo-de-son-vélo, non, non, et non ! C'est du n'importe quoi, mais du n'importe quoi sérieux, de l'entraînement que tout coureur professionnel vous jurera, sans rire, qu'il est super méga top bien. Aujourd'hui, je fais du fractionné.
A la lecture de ce dernier mot, tous les runners qui passent ici vont s'insurger en s'écriant haut et fort que le fractionné, ce n'est pas n'importe quoi, sacrebleu, c'est même sans doute le plus important, et on ne devrait pas le faire à la légère, sinon on ne sera jamais un grand manitou du running de compétition. Je m'expliquerais en fin de billet sur ce sujet.
Quant aux non-runners, ils s'en foutent complètement, tout simplement parce qu'ils ignorent tout de ce qu'est le fractionné. Comme ces pauvres hères ne possèdent pas cette connaissance pourtant des plus essentielles à la survie de l'écosystème du Sud de l'île de Pâques, je vais m'empresser de combler cette lacune par une explication aussi brève que concise :
1- Echauffez-vous, parce que ce qui vous attend, c'est quand même assez violent ;
2 - Courez rapidement (quasiment le plus vite possible) en accélérant progressivement, jusqu'au point ou votre palpitant menace de déclarer une grève sans préavis. Cette phase doit durer 500 mètres (ou 2 minutes si vous ignorez la distance parcourue) ;
3 - Effectuez une récupération dite "active" en... courant. Mais moins vite, sinon c'est la civière. Idéalement, cette régénération devrait durer 500 mètres (ou 2 minutes, vous avez bien compris).
4 - S'il vous êtes toujours vivant, allez à l'étape 2.

La banane est l'un des aliments fétiche des runners.
Dans le milieu pas si fermé que ça (ils ont dû laisser la porte ouverte) des runners, la grande majorité estime tout à la fois que le fractionné est primordial et qu'il est aussi épuisant et lourdingue. Mais l'idée ô combien stupide qui dit qu'"il faut se faire du mal pour être rapide/beau/intelligent/riche" (rayez les mentions inutiles) persiste et il en est encore pour voir dans la souffrance le signe d'un bon travail.
Au diable cette tyrannie de la douleur ! Et quoi ? Ne peut-on se faire plaisir et devenir efficace à la fois ? Est-ce que vraiment risquer l'arrêt cardiaque tous les kilomètres est une idée constructive ? Est-ce que le corps du coureur raisonne scientifiquement à coup de 500 mètres (ou la distance que vous voudrez) ? Est-ce que les pélicans peuvent s'enrhumer ?
Je n'en crois pas un mot, non monsieur, pas un seul ! Alors je suis bien gentil pour le moment, je fais ce qui est pseudo-conseillé, mais un jour j'en aurai marre, la soupape de sécurité va péter, et j'arrêterai la torture. Je trouverai une alternative (le fartlek pour ne pas le nommer).
Bon, désolé tout le monde, mais des fois ça fait du bien de balancer son coup de gueule.
Pour me faire pardonner, voici 3 petites images...

" Hey ! Mais puisqu'on vous dit que la voiture ça va plus vite ! En plus y'a Robert qui imite un crapaud sur le toit !"
"Je le prends dans quelle main ? J'le prends dans quelle main ??!"
En son temps, Robocop pouvait courir un 10km en 78 heures et 23 minutes.
Cela lui valu l'admiration de nombreux fans en sandalettes.
21 janvier 2008
Semaine type (le lundi)
Salut les poulets, c'est l'heure de notre entrevue quotidienne. Pour ceux qui n'ont pas suivi et qui désirent un peu mieux saisir le sujet, n'hésitez pas à aller (re)découvrir le billet d'hier.
Aujourd'hui c'est le jour maudit, celui où on se rend compte qu'il reste cinq jours de boulot, c'est le jour où la gorge se serre d'effroi rien qu'à voir le nombre de mails non-lus et de réunions qui s'accumulent dans l'agenda, c'est le jour où l'on voit toute sa vie défiler devant ses yeux au moment où on approche de son bureau. Heureusement, il existe des remèdes pour atténuer la douleur, et on se surprend à dire bonjour à tout le monde (dans les 57 étages), à prendre un bon café, à papoter sur le week-end, les gosses, les prochaines vacances, le temps qu'il fait, celui qu'il fera ou ne fera pas, sur... 22 ! v'la le chef ! tous à vos postes !

Le chef est un manager dont la compétence principale est la communication avec les équipes qu'il dirige.
Et donc cette journée est déjà assez éreintante pour tout le monde, et en rentrant, on a guère envie de ressortir courir face au vent et avec des stalactites de glace qui pendent au nez. Alors on reste chez soi, bien peinard. Faut pas non plus faire du surentraînement, hein. Le surentraînement ? C'est comme le lundi au soleil et les éclipses de sapin, c'est une chose dont tout le monde parle (si si) mais qu'on ne verra jamais. Si vraiment j'ai la patate, au mieux, je fais quelques abdos, histoire de dire, je fais du sport, moi, madame. Et puis, il faut garder des forces pour demain...
20 janvier 2008
Semaine type (le dimanche)
Chers frères et sœurs, nous voici réunis pour notre rendez-vous dominical. Pour ceux qui n'ont pas suivi et qui désirent un peu mieux comprendre, n'hésitez pas à aller lire le billet d'hier.
Aujourd'hui, je vais donc vous parler de la Sortie Longue. Comme son nom l'indique, c'est une séance d'entraînement où je cours plus longtemps que d'habitude. Si l'on en croit les plans d'entraînement des pros (que je ne suis pas), les sorties longues peuvent faire 1h30, voire 1h45 grand max quand on prépare un marathon et qu'on est au taquet arrête tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice, mais jamais plus d'1h45. C'est très étonnant, car le jour où l'on court un marathon, on s'attaque à 3 ou 4 heures d'efforts. Mais bon, c'est le plan d'entraînement qui le dit, donc il a forcément raison, comme la pub pour le chocolat à la marmotte ou les prévisions météorologiques.

"Viens chérie ! C'est le moment de la Sortie Longue !"
J'avais un moment essayé de faire des sorties de 2 heures, et puis une fois je me suis fait un peu mal à un tendon, et je me suis dit que c'était trop pour moi. Depuis je suis revenu à 1h30, mais peu à peu, j'allonge pour atteindre à nouveau les 2h d'ici quelques semaines. 2 heures, c'est un bon format, ça sonne bien (parce qu'on a l'air con de dire "hier j'ai couru 1h37"). Et puis c'est plus longtemps qu'un semi-marathon. Mais alors, me direz-vous, tu dois courir plus que 21km ? peut-être 28 ? ou 32 ? ou 147 ? Heureusement que non ! Sinon je me tuerai à la tâche, et c'est déjà pas drôle de se tuer, alors à la tâche, j'estime que c'est vraiment déprimant (sauf peut-être avec une bonne lessive). En fait j'obéis à un vieil adage que m'ont enseigné les sages Apaches dans la salle des serveurs qui dit que : Qui veut aller loin ménage sa monture.
En l'occurrence, je m'auto-monte (ça fait un peu pervers dit comme ça). Bref, mon cerveau emprunte mes jambes bonjour mesdames emmenez-nous très loin d'ici, et je cours lentement, très lentement. Je dois me forcer pour ne pas aller trop vite, et ça ressemble alors à un footing tout simple, à une sorte de ballade nonchalante, sans difficulté apparente (quoique fatiguante quand même au bout de deux heures). C'est très agréable de se promener comme ça dans la forêt, on a le temps de croiser des écureuils, des chevreuils, des perdrix (elle m'a fait flipper celle-là), des rivières... On prend son temps pour s'ouvrir au soleil et écouter les oiseaux, et ainsi s'approcher, dans ce long chemin de croix, de la voie du Seigneur (des runners). Amen.
19 janvier 2008
Semaine type (le samedi)
Pour briser un peu le rythme lancinatoire de l'habitude, j'ai décidé de faire une petite bizarrerie écrituresque. Tandis qu'à l'accoutumée je publie à peu près 2 messages par semaines, histoire d'avoir le temps de les pondre, et de ne pas être tout de suite oublié non plus, là je vais passer à un message par jour. Ca ne durera qu'une semaine, parce que je ne voudrais pas noyer mes lecteurs dans un imbroglio improbable de mots sans queue ni tête et parce que je suis feignasse donc sachez bien que si vous n'étiez pas des dizaines de millions à me lire chaque jour je plaquerai tout maintenant. Et puis une semaine, c'est court, c'est frais, c'est intense, ça pulse, ça recoiffe les chauves.

Les lois de la physique sont claires : Pas de cheveux = plus aérodynamique, donc plus rapide.
Mais de quoi vais-je t-il donc t-il vous parler ? Les plus perspicaces d'entre vous auront judicieusement noté les larges possibilités qu'offre le titre de ce billet : Tout simplement, je vais vous raconter ce que je fais chaque jour (runninguement parlant, hein, sinon ça pourrait durer des heures (24 heures, en fait)). Car quand je m'entraîne, ce n'est pas toujours une heure de footing, les petites marionnettes, tourne et tourne et puis s'en va. Non. Je varie un peu de temps en temps, pour éviter le train train quotidien (celui de 19h24 notamment). Vous découvrirez donc en temps réel (ou presque) la Sortie Longue, le Fractionné et sa copine la Speed, et je conclurai avec euh... un truc ridicule (que je me tape quand même une fois par semaine donc suivez bien :)).
Et comme on est samedi, cette semaine type commencera donc le samedi. Sans doute mon jour préféré, parce qu'une fois que j'ai passé la matinée à repeindre mes ongles de pieds je pars faire du shopping avec les copines et le soir on se fé draguer en boîte hihihi C tro con kikoo lol !!! Donc le samedi est mon jour préféré, tout simplement parce qu'il précède le dimanche. Et durant ces deux jours d'intense flemme, je fais ma Sortie Longue. Non, ça s'étale pas sur les deux jours, elle est longue, d'accord, mais pas à ce point. C'est plus technique que ça en a l'air de prime abord, mais il y a aussi de quoi rigoler un peu. Mais vu que ce billet est presque aussi long que la Grande Muraille de Chine et qu'on va bientôt voir ce blog depuis les satellites tellement que les billets y sont longs, je vais arrêter ici de vous bassiner avec mes histoires (mais vous ne perdez rien pour attendre puisque tout arrivera demain...).
17 janvier 2008
N'importe qui court...
Toujours dans l'esprit très déconnant des défis débiles, voici une vidéo de Rémi Gaillard, dont la devise est "c'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui". Have fun !
13 janvier 2008
Défi 10 : Musique Maestro !
Pour bien commencer la saison, j'ai voulu relever un premier défi pas très classique, et pas si facile qu'il en a l'air.
Objectifs : Courir 1 heure, en écoutant de la musique, et en chantant.
A l'issue de cette épreuve, je ne sais toujours pas comment font les gens qui courent avec un baladeur sur les oreilles. En les observant, on a l'impression que tout est normal, tout va bien, c'est génial les petits oiseaux font cuicui les papillons volent. Mais en fait, il n'en est rien !! A l'intérieur, c'est le chaos, car le cerveau doit lutter entre le rythme entraînant de la musique, et celui bien différent des pieds qui avancent.

"Tiens, c'est marrant cette musique, on dirait une symphonie de klaxons !"
Je savais bien que ça n'allait pas être simple, et j'avais même fait un peu d'apnée à la piscine pour m'entraîner à respirer n'importe comment, et ça n'a pas loupé : au bout d'une demi-heure, je suffoquais. Pourtant, j'avais mis une stratégie (foireuse) au point, digne d'une ruse de Kasparov (un sacré goupil celui-là) : C'est simple, je courais sur le même rythme que la musique, et à chaque pulsation, je posais un pied au sol. Sauf que le terrain était miné...
Hé ouais, parce que pour commencer, la musique change de rythme toutes les 3 ou 4 minutes, ce qui rend la course irrégulière, mais surtout, il y a des fois où la pulsation musicale est trop lente ou trop rapide pour être suivie, et là, c'est le drame ! Complètement déboussolé, je ne savais plus comment et quand poser les pieds. Alors j'ai pété un plombs comme on dit chez les électriciens, et j'ai chanté plus fort une sorte d'improvisation sans doute fort peu mélodieuse, pour couvrir ce que j'écoutais. Je dis pas que c'était forcément très efficace. Essayez, rien qu'un instant de courir et chanter en même temps, et vous verrez à quel point une chanson, aussi belle soit-elle, peut devenir totalement discordante et méconnaissable, et à quel point cela peut être ridicule de faire une telle chose.

Un éléphanteau qui court en arrosant l'un de ses congénères. C'est la preuve que le défi absurde est naturel.
Oui parce que j'étais entouré, comme il se doit, par tous les coureurs de Vincennes et par les familles venues se balader le dimanche dans le bois. J'ose à peine imaginer le spectacle que ça devait être pour eux, de voir un dingue courir n'importe comment, en beuglant des soli de guitare (avec les gestes du batteur en bonus) entrecoupés de respirations dont la sonorité devaient vaguement évoquer l'agonie d'un phoque enrhumé. Du coup j'ai croisé quelques sourires et autres regards éberlués. Mais c'est ça aussi, le mad running : les limites ne sont pas que physiques, il faut aussi repousser les conventions, la bienséance, la normalité, et tenter, avec son petit cerveau, d'aller au-delà du déjà vu pour atteindre le surprenant.
Pour conclure, j'ai donc tenu une heure, et uniquement grâce/à cause du défi, mais chaque minute supplémentaire aurait été un supplice pour mes poumons. Courir en chantant et en écoutant de la musique, plus jamais ça ! Non mais sans blague, j'avais presque envie de rejoindre les cygnes dans leur étang pour noyer mon baladeur. Je préférerais encore courir en apnée ! Tiens, mais c'est une idée, ça...
11 janvier 2008
Course aux soldes
Quand on roule sa bosse dans les forums de Course à Pied et qu'on traine ses guêtres dans les blogs de marathoniens, il en est toujours pour râler après le coût des participations à une course (ce qui est absurde quand les organisateurs de la compétition ne demandent pas plus de 15 euros, mais qui prend tout son sens dans les courses d'ultra à plus de 1000 euros).
En ce qui me concerne, le prix n'est pas réellement un barrage dans la mesure où il n'excède pas les 30 euros. Mais je sens que je vais grincer des dents le jour où je déciderai de payer 70 euros mon Marathon de Paris (je n'ai pas dit que c'était pour cette année, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit bande de petits galopins taquins).
Ajoutez à ça le fait que je fais croire à tout le monde que je suis étudiant, et sur fond de guérilla sociale pour le pouvoir d'achat, et vous comprendrez pourquoi j'attendais les soldes l'écume aux lèvres et les crocs au vent. Mais je stoppe la diarrhée verbale que je suis en train de vous pondre, pour vous montrer quel achat running j'ai fait pas plus tard que dans la folie du jeudi. Voici, mesdemoiselles, mesdames et messieurs, les NB 756 :

Remarquez comme la semelle est jolie. C'est con, on ne la verra jamais...
Et pour dynamiser un peu cet article qui s'enlise, j'ai décidé d'interviewer cette nouvelle acquisition.
Moi : Bonjour, et merci de m'accorder un peu de votre temps.
NB 756 : Je vous en prie c'est bien normal, après tout vous venez de m'acheter.
Moi : Pour commencer, pouvez-vous m'expliquer ce que signifie votre nom ?
NB 756 : N'y voyez aucun message extra-terrestre ou satiro-politique, il s'agit simplement des initiales de New Balance, auxquelles les concepteurs on ajouté un chiffre qui permet de me classer dans une gamme. Ainsi, les 911 par exemple sont dans une gamme supérieure.
Moi : Intéressant. Mais pourquoi n'ai-je pas acheté des 911, alors ?
NB 756 : Parce que ta pointure n'y était plus, banane. Les soldes, c'est la guerre.
Moi : Moui, bon... et pourquoi est-ce que je vous porterai aux pieds, alors que j'ai encore Charybde et Scylla qui squattent mon vestibule peinards ?
NB 756 : Parce que j'ai plein de trucs rigolos : un amorti Abzorb (avec l'acczent allemand), un laçage N-Lock qui se détache jamais, un système Stability Web de la mort, un Lightning Dry de l'apocalypse, un...
Moi : Ouais bon, ça va, on a compris. Mais mes Asics ont aussi quelques gadgets du même accabit, tu crois quoi ?
NB 756 : Haaa... mais les pauvres commencent à doucement fatiguer. 1500 km par paire, c'est un maximum. Alors elles en sont pas encore là, mais il faut prévoir la relève, et surtout changer en douceur. Garde tes Asics pour l'entraînement, mais porte les NB 756 pour les compèt. et les fractionnés.
Moi : Ha ouais, pas con. Mais sinon, ça coûte combien ce business, là ?
NB 756 : Un chiffre rond comme on les aime : 100 euros. Mais pour toi veinard, les soldes ont baissé le prix à 60€. Elle est pas belle cette affaire ?
Moi : Ouais, je crois que j'ai trouvé chaussure à mon pied...