30 avril 2008
Iron Slip

Il était une fois...
- T'as entendu parler de Pistorius, gamin ?
- gné ? bah nan c'est quoi, vieux con aigri ?
- C'est un type qui voulait courir aux JO, comme toi, mais avec des jambes en fibres de carbone.
- Comment ça ? Il a de fausses jambes ?
- Mais ouais, c'est comme ta cravate, comme ces gamines, tout est synthétique !
- Whaaa... mais ça déchire grave, ça ! Je veux les mêmes ! Et après, à moi la victoire !
- Hé ouais. C'est beau la science, hein ? Aller, prends ta loupe, runner de mes deux.
- M... Meeerde !! J'me suis fait un bras synthétique de la mort ! J'me suis bien planté, là.
Ça va pas me faire courir plus vite cette connerie bionique !
- Écoute, sombre conne, j'me suis gouré comme un noob. C'est la honte, là !
- Abruti, tu sais bien que tout ce qui nous intéresse se trouve sous la ceinture...
- Mouhahahaha !!! Ça y est ! Cette fois j'ai les jambes bioniques ! Je vais gagner les JO !
OK, j'ai tout le reste de l'armure avec, mais je vois pas où est le problème, hein.
- Haaaa !! Mais c'est pas vrai ! Ce foutu bras, encore lui, est trop lourd !
bouhouhou... Ne pourrais-je donc jamais tricher au JO ?
29 avril 2008
"I could win a marathon..."

(cliquez sur l'image pour agrandir)
22 avril 2008
Made in Spreadshirt
Attention, billet politique.
Il va y avoir du sang sur les murs, et je taillade dans tous les camps.
Second et troisième degrés inclus dans le pack (même moi je m'y perds).
Quand on ne s'intéresse absolument pas au sport, on se moque de ces supporters de foot qui brandissent leurs écharpes et autres drapeaux fanatiques, on raille les dingues qui partent au stade grimés comme un jour d'halloween, et la qualité de l'arbitrage de n'importe quel match de n'importe quel sport nous indiffère totalement, l'arbitre peut bien sortir de sa poche un carton rose ou une dame de pique, on s'en fout !
Oui mais, quand on ne s'intéresse absolument pas au sport, on s'inquiète de savoir si le Paris-Dakar arrivera bien à Dakar cette année, on s'émeut de voir Laure pleurer alors que cette cruche est arrivée troisième et il y en a qui prendraient bien sa place, et on se demande si on va ou pas boycotter les JO.
Pour ceux qui auraient loupé (on se demande comment) la polémique qui tourne autour des JO, les médias se font une joie de simplifier tout à l'extrême à grand coup de manichéisme, histoire qu'on choisisse aisément son camp. En gros, le monde international planétaire de la Terre d'ici vient de se réveiller en découvrant que le pauvre Tibet était opprimé par la vile Chine. Les emprisonnements arbitraires pour avoir crié "Tibet libre !" ne sont pas d'hier, mais les médias ont décidé de faire monter la mayo maintenant, et les rédacteurs et programmateurs se réjouissent de ce "nouveau" sujet d'"actualité" qui tombe comme une manne (et en même temps ils le craignent parce que si les Jeux sont boycottés, à quoi ça sert d'en payer les droits de diffusion, hein ? Encore un coup monté contre TF1...).
Bref, pour illustrer tout ça, il y a cette terrifiante vidéo (clique ici si t'es cap) de la flamme olympique passant dans notre facétieux pays. Faut-il défendre la libre expression ou l'esprit fraternel du sport ? Faut-il vociférer violemment contre un pauvre passeur de flamme, ou caresser le CIO dans le sens de la matraque ?
Voici ce qu'en pense Steph :
Diagana critique le CIO
envoyé par LepointTV
Bon, et moi dans tout ça, vais-je boycotter les JO ? Je ne suis même pas certain d'avoir à me poser la question, je n'ai pas de télé. C'était pas prévu que je participe aux Jeux non plus, enfin, pas que je sache. Donc boycotter, ça veut dire quoi ?
Je murissais tranquillement la question (et la réponse), quand Spreadshirt m'envoya un e-mailing désopilant.
Spreadshirt est une société qui fabrique des t-shirt, et les internautes peuvent choisir le motif qu'ils souhaitent y appliquer. Comme tout ça joue avec la mode du web 2.0, le site est participatif, et incite les internautes à envoyer leurs propres motifs (c'est d'ailleurs comme ça que je me suis fait un t-shirt "Mad Runner" mais n'en parlez à personne c'est un secret).
Et donc, beaucoup d'internautes ont proposé des motifs scandant à tout bout de champ (de coton) : "Tibet libre !". La société Spreadshirt s'est donc vue malgré elle impliquée dans le débat politique. Voici comment elle s'en tire (je cite) :
Notre activité
est animée par l’auto-expression des individus. Nous sommes parfois confrontés à
de difficiles prises de positions - nous voulons le plus souvent que tous les
avis soient représentés. Actuellement, beaucoup de membres de notre communauté
veulent afficher leur opinion concernant le Tibet. Nous vous adressons cet email
pour mettre en lumière leurs créations de motifs en faveur du Tibet. Aussi, à
vous de décider si cela correspond à votre point de vue.
Donc Spreadshirt tente vaguement de rester neutre, histoire de ne choquer aucun client. Cette volonté de préserver tout le monde est assez amusante (moi qui croise des commerciaux de temps à autre, j'imagine en ricanant à quel point la prise de décision a due être difficile, les décisionnaires doivent encore en transpirer à grosses gouttes). Finalement, pour ne pas vexer les contributeurs, Spreadshirt ajoute :
En signe de soutien pour un Tibet libre, pour notre liberté d’expression et
celle de notre communauté, nous reverserons 5€ par article acheté et imprimé
avec l’un des 5 motifs présentés ci-dessus jusqu’au 31 mai 2008 à Amnesty
International.
Bien joué ! Ils ont retourné le problème en leur faveur, associant la liberté d'expression du Tibet à celle de leur clients, et se positionnant comme une société quasi-caritative ! Un joli coup marketing que j'applaudis des deux manches.

Je trouve le t-shirt bleu délicieusement provocateur. Et les crêtes de l'Himalaya aussi, tiens.
Pour finir, je n'ai donc pas résisté à l'effet de buzz autour des JO, preuve s'il en était besoin de l'influence des médias.
Je sais pas si vous voyez bien le truc : à l'origine ce billet devait être un comparatif coton / fibre technique.
Mais je file un mauvais coton, j'ai la fibre politique...
18 avril 2008
Défi 13 - Semi marathon de Strasbourg
Il reste un mois jour pour jour avant le coup de feu de départ.
Cette semaine et celle qui vient, c'est entrainement intensif : Je cours chaque jour depuis dimanche dernier, environ une heure. La plupart du temps, j'adopte un rythme lent, mais il m'arrive de caser une séance plus rapide.
Ensuite je ralentirai le rythme jusqu'à la date clé où il faudra être en super forme.
Je ne vais pas courir spécifiquement pour faire un temps. C'est l'un de mes objectifs, mais pas le seul.
Ce semi-marathon de Strasbourg, je vais le courir aux couleurs de l'association JSC (Jeunes Solidarité Cancer).
j'en profite donc pour caser quelques mots afin expliquer un peu qu'est-ce que c'est que cette assoc'...

QUI ?
Des ados, des jeunes adultes. Ils étaient là, peinards, et puis un jour ils se sont sentis concernés par le cancer parce qu'un proche l'a eu, ou qu'ils sont eux-mêmes malades. Ou alors juste comme ça.
OU ?
Comme toutes les routes mènent à Paris, JSC y est représenté, mais il existe aussi des petites antennes un peu partout en France : Dans le Nord, les Rhône-Alpes, la Côte d'Azur, et bien entendu, à Strasbourg (Haut-Rhin, donc).
QUOI ?
Le but, c'est d'aider les jeunes malades qui sont parfois un peu
oubliés. C'est vrai qu'on a du mal à associer jeune et cancer dans une
même phrase. Pourtant les ados atteints du cancer, il y en a (trop).
JSC propose régulièrement à des bénévoles de courir contre le cancer, pour populariser l'association et entrainer une prise de conscience. Ces "opérations", les Running4Life consistent à courir certaines épreuves, comme, par le passé, le semi-marathon de Paris, celui de Lille, ou encore l'édition 2007 des courses de Strasbourg.
Courir pour JSC, c'est pour moi une source de motivation supplémentaire pour courir, et surtout le plaisir de rendre mes humbles foulées un peu plus utiles.
13 avril 2008
:s ^^
Extrait de conversation IRC (récupéré ici) :
<chik&class> j'ai envie de le faire avec toi
<miss billie> hein ?
<chik&class> de sentir ton corps près du mien
<miss billie> :$
<chik&class> j'ai envie que ton coeur batte de plus en plus fort
<chik&class> de transpirer avec toi que l'on soit essouflés et qu'on aille jusqu'au bout sans jamais s'arreter
<miss billie> et tu me dis ca comme ca sur msn :s:s, j'aurais préféré que ce soit en face ^^
<chik&class> ca te dirais un jogging?
Voilà, ça c'est fait.
Promis, un vrai billet est dans les tuyaux et arrive bientôt...
11 avril 2008
Comme d'habitude
Comme d'habitude, le chemin se déroule sous mes pas lourds.
Comme d'habitude, la forêt défile comme un décors de vieux film dans la lumière grise de l'aube.
Tout est gris dehors comme d'habitude, j'ai froid, je relève mon col.
Comme d'habitude j'ai le souffle court et les larmes aux yeux.
Comme d'habitude j'ai le coeur qui martèle la vie qui s'échappe.
Comme d'habitude je cours sans vraiment savoir ni comment ni pourquoi.
Comme d'habitude je rentre en retard chez moi.
Tout seul je bois mon café.

Comme d'habitude, je ne suis pas du matin. Trop dur pour moi. J'essaie encore un peu, mais si ça ne marche pas, je sacrifierai à nouveau volontiers quelques soirées pour courir en paix et dans la bonne humeur.
09 avril 2008
Histoire d'un soir
Je lace mes chaussures soigneusement. En tout cas j'en fais la tentative, car aussi improbable que cela puisse paraitre, les nombreuses années d'entrainement à lacer sans me lasser produisent encore des laçages assez approximatifs, parfois trop serrés, parfois pas assez. De toute façon, je ne sais pas positionner correctement la languette, et j'ignore jusqu'à la technique idéale de l'enfilage de chaussette. Enfin, mes pauvres pieds en ont vu d'autres, et ce n'est pas ce soir qu'ils viendront se plaindre : je ne sors pas très longtemps.
A peine dehors, l'air froid m'assaillit de bourrasques désagréables, comme si le vent voulait jouer avec moi. Mais je suis imperturbable, j'ai un objectif à remplir, et j'irai jusqu'au bout. Soudain, sans prévenir, la neige qui m'a sans doute entendu penser, se met à choir en flocons fondants.

J'entame ma course doucement, longeant le périphérique parisien qui ronronne à quelques mètres de chez moi. Les illuminations artificielles de la nuit sont agressives, à tel point qu'on distingue à peine la lune (surtout que dès que je lève la tête, des dizaines de flocons kamikazes se jettent dans mes yeux). Spots braqués, phares dévisageurs, lignées de lampadaires qui, telle une procession de pèlerins en marche, éclairent la route ; les flux de lumières brutalisent plus qu'ils n'aident.
Mon souffle produit de la vapeur, à croire que je suis devenu une de ces machines fulminantes qui passent en brouhaha incessant. J'essaie vainement de produire des ronds de vapeur pour oublier l'air qui me glace. Mais qu'importe, j'arrive déjà au terme de ma course.
La Porte est là, et devant elle se trouve un gardien tout de noir vêtu. Il ne prononce pas un mot, et ne fait qu'esquisser un geste de dénégation de la tête. Le signe, aussi minimaliste qu'une interface de Google Exalead, est très clair : Je ne peux passer, la Porte est close, le gardien la garde. J'échange un regard emprunt de déception avec cet homme en noir qui hausse les épaules, presque malgré lui.
J'ai donc échoué dans ma mission de ce soir. Enfin pas totalement, il s'agissait d'une expérimentation. Je prends note intérieurement qu'en partant de chez moi à 21h52, il est peu probable de trouver le supermarché ouvert en y arrivant (le record est 21h48). Ce soir, le frigo est tristement vide, et je vais devoir me rabattre sur une tournée de pâtes. Peut-être que ça m'aidera à courir plus vite demain soir.
07 avril 2008
Matou Matin
Dure semaine, assez chargée professionnellement parlant, et le rythme ne semble pas vraiment se décider à freiner (surtout que j'essaie en parallèle de profiter de la vie culturelle de Paris à la moindre occasion). Du coup, pour tenir la fréquence des entrainements (même si, hélas, j'ai beaucoup de mal à tenir leur intensité), j'ai logiquement décidé de placer mes heures de courses le matin.

Chronocide, action de tuer le temps (et non l'inverse)
Je vous ai mitonné un avantages / inconvénients, du moins tel que je le perçois. Allez, hop, c'est parti :
Pourquoi c'est pas bien (bouh !! pas beau !!!) de courir le matin :
- Parce que je suis une étrange bestiole du soir et de la nuit, avec une horloge biologique calée sur celui de la chouette hulotte et du chat noir caucasien. Résultat, quand je me réveille le matin, j'ai le poil hirsute et la tête en vrac. Concrètement, il me faut au moins 20 30 minutes avant que mon échauffement ne me réveille, que ma tête prenne conscience qu'elle ne touche plus l'oreiller, et que je puisse entamer ma séance pour de bon.
- Le soir, si je veux faire durer l'entrainement, ou le commencer un peu plus tard, pas de problème ! Par contre le matin, c'est chronométré, je n'ai pas le droit à l'erreur au niveau du timing, je suis attendu en cours ou au bureau par ma "hiérarchie" (certes assez laxiste mais n'abusons point je vous prie).
- En plus d'être un ours fort peu matutinal, je me réveille avec une faim de loup groenlandais (c'est vous dire si mon état est sauvage au sortir du lit). Si je commence à courir dès le réveil, je suis pris entre le marteau et l'enclume l'envie de dévorer mon petit dèj quotidien (pour éviter l'hypoglycémie) et celle d'aller courir à jeun pour éviter la régurgitation intempestive (Amis poètes, bonsoir).
Pourquoi c'est génial (ça roXx du bitume !!!) de courir le matin :
- Parce que ça donne du punch pour la journée, l'air de rien. C'est paradoxal, puisqu'on se dépense, mais disons que ça réveille pour de bon. Enfin, c'est l'effet que ça me fait, mais c'est pas vrai pour tout le monde (faites le test !)
- Parce que ça libère la soirée, et j'en ai bien besoin ! Libertéééééé de faire n'importe quoi le soir !!!
- Parce que ça habitue aux courses en compétition qui sont, les fourbes, quasiment systématiquement le matin (et les fois où ce n'est pas le cas, le départ est à 14h, bonjour la digestion, c'est encore pire...)
- Parce qu'il parait qu'après une course, le pauvre choupinou de corps est tout stressé et c'est difficile de s'endormir. Perso, après la douche, je suis prêt à sombrer dans les abimes de mon lit sans aucun problème, mais c'est un soucis que peuvent rencontrer certaines personnes.
- Parce que ça fait fondre les mauvaises graisses pas belles (et j'espère que ça s'arrête aux graisses, parce que y'a des fois où je me dis que c'est carrément en train de m'attaquer le muscle ou l'os). Sérieusement, ça peut vous faire perdre vos fameux kilos en trop (si, si, tout le monde en a, des bourlets, c'est écrit dans tous les magazines féminins) et surtout, le corps finit par s'habituer à puiser l'énergie dans les tréfonds obscurs de l'organisme, et il choppe le coup de main pour les compèt "de longue durée" style marathon.

Matin ou soir, le soleil est toujours aussi orange. C'est à se demander ce qu'il traficote la nuit.
Bref, courir le matin, ça présente certains avantages qu'on ne peut nier, surtout que le soleil se lève avant 7h maintenant, donc plus d'excuse pour ne pas se lever. Et puis, il y a de toute façon un phénomène assez stupéfiant, qui fait qu'en prenant l'habitude de courir à une certaine heure, le corps va s'y adapter tout seul comme un grand, et finir par devenir plus (ré)actif à cette heure précise. Et ça c'est juste assez drôle pour que je change d'horaire de course.

Un chat qui baille, c'est mignon et effrayant à la fois. Et ça justifie un titre de billet. Sympa, chat.
Je me demande s'il n'y aurait pas moyen de courir n'importe quand, matin, midi, ou soir, pour que le corps apprenne à être actif à n'importe quelle heure. A tester.
Et toi, lecteur (ou lecteuze), t'es du matinou ou du soir ?
01 avril 2008
Flash News
Le monde du running de demi-fond est tout ébranlé aujourd'hui par un récent évènement d'une importance sans précédent :
Le record du monde de semi-marathon a été battu en 37min 01s soit une moyenne de 34,21 km/h, par un coureur français (cocorico !), Martin Lepêcheur. Ce record n'a pas été enregistré dans le cadre d'une course "traditionnelle", mais sur un parcours homologué et contrôlé par les instances internationales d'athlétisme (notamment la IAAF et la Ligue des Droits du Powerade).
Martin explique qu'il a appuyé son entrainement par un régime alimentaire spécifique à base de banane et de poisson, à la fois calorique et protéiné. Le coureur chevronné prétend pouvoir battre son propre record, et il s'est fixé un délais de quelques mois pour dépasser cette nouvelle limite. Le recordman raconte sur son blog qu'il vaincra ce temps le 20 février 2009, et espère dépasser les 35 km/h.
Bref, on peut affirmer sans trop se tromper que Martin Le pêcheur se sent dans ses runnings comme un poisson dans l'eau.

Martin Lepêcheur a la pêche.