30 juillet 2008
Je marche donc je suis
C’était il y a quelques jours, Francisco "Paquillo" Fernández réalisait la meilleure performance mondiale de tous les temps du 10000 m marche en 37’53"09 durant les championnats d’athlétisme d’Espagne.

J’aime bien marcher vite, mais au bout d’un moment, quand je
veux vraiment aller très vite, c’est bien simple, je cours. Et bien
figurez-vous que Francisco va plus vite que moi juste en marchant.
Mais comment est-ce possible ? J’ai plusieurs hypothèses :
- Les chiffres sont truqués ;
- Francisco est truqué lui-même. Par exemple il a des gènes de guépard, ou des poils de baleine à bosse ;
- Il a une envie pressante (d’aller faire les soldes) ;
- Il n’a pas lu La Fontaine qui dit qu’il faut partir à point ;
- Il est tombé dans la marmite (de Powerade) quand il était petit ;
- C’est un cyborg fébricitant qui vient du futur
- C’est une fausse réalité que veulent nous faire croire les machines, mais Francisco est en fait un programme informatique, une sorte d’agent Smith.
- C’est un extraterrestre déguisé en humain déguisé en coureur. Mais qui marche.
- Il pense que son ombre est un démon qui le poursuit ;
- Il essaye de rattraper l’horizon ;
- [Écris ton explication débile ici]
- …
Ou alors il passe plus de temps à s’entraîner qu’à blogguer.
N’empêche que c’est pratique pour aller faire les courses ou rattraper le bus.
15 juillet 2008
Coup de coeur
Il faut que je vous parle de l’engin de torture qui m’oblige à courir pour de vrai alors que si je me laissais aller au naturel, ça se terminerait en petite balade champêtre. Il s’agit en fait d’un cardiofréquencemètre, c’est à dire une bestiole qui précise à quelle vitesse bat ton cœur. Au repos, t’es entre 60 et 80, et puis ça peut monter très haut. Je ne suis jamais allé au-delà de 200 battements par minutes, déjà parce que j’ignore si c’est possible (bah oui, y’a une limite quand même), et ensuite parce que j’ai pas envie de pousser mémé dans les orties en tirant le diable par la queue. Les défibrillateurs ne poussent pas sur les arbres.

En passant, hommage discret à Dionysos
Enfin, quoiqu’il en soit, ça m’arrive de me dire « je me fais une séance à 175+ » et donc de courir toujours assez vite pour maintenir plus de 175 battements/min.
L’autre jour, j’étais dans une de ces sémillantes séances, quand par mégarde j’empruntai un chemin méconnu. Au fur et à mesure que j’avançais, le chemin se rétrécissait, et se mit à zigzaguer. Mais bon, c’est pas ça qui allait me faire ralentir, j’avais un rythme à tenir. Et puis le chemin devint sentier, se borda de ronces envahissantes. Petit à petit, le sol devint boueux, présentant des flaques d’eau de plus en plus grandes. C’était devenu un jeu de rapidité où je lançais mes pieds en avant sans savoir où j’allais les reposer. Et la forêt me balança tout son répertoire d’obstacles. Arbres en travers du chemin, mouches lancées à pleine vitesse à contre-sens, limaces gluantes et glissantes, orties, ronces, la totale ! Et pendant tout ce temps, je gardais un œil sur le cardio, pour être certain d’aller assez vite. J’allais renoncer, quand je vis la lumière (ouais parce que le sentier commençait à être sombre en plus). Ouf ! Je déboulai à toute vitesse sur un grand chemin bien large, traînant derrière moi des bouts de ronces tenaces, et mouillé comme une poule par la rosée.
Ca n’avait pas été facile, mais je m’en était sorti. Et là, grosse frayeur, un cheval, mesdames et messieurs, un cheval sorti d’on ne sait où me fonça presque dessus. Une vraie bête de l’apocalypse, noire comme la nuit, avec des sabots, du crin et même un type sur le dos. Et bien, à ce moment, je me suis surpris à penser : « cool, avec ce coup de flippe, j’ai bien dû remonter à 180 battements par minutes ».

Il paraît que juste avant de mourir, tu vois ta vie entière défiler devant tes yeux. Mais voir un cardio qui s’affole, c'est amusant aussi.

Un téléphone acheté = un cheval offert
Tout ça pour dire, le cardio, c’est rigolo. Pour ceux que ça intéresse, le mien est le fameux polar RS-100 (je dis fameux parce qu’il est assez populaire). Il gère pas mal de trucs, et notamment le fractionné, ce qui est plutôt sympa. Toutefois la capacité à courir ne dépend pas que du cœur, il faut au moins gérer en plus la fatigue musculaire (cuisses, mollets, pieds) et la respiration (qui, chez moi, devient parfois nettement consciente).

13 juillet 2008
1 kilomètre couru = 1 kilogramme perdu !
« Spécial Poids : Courir pour mincir ». Voilà un slogan que je n’aurais pas été étonné de trouver dans un Glamour ou autre Cosmo. C’est classique, qui dit été dit plage, qui dit plage dit rondeurs apparentes, qui dit rondeurs apparentes dit régime. Et ton magasine préféré est là pour te rappeler combien t’es moche mais que grâce à lui et aux conseils so fashion de Léa la rédac’en chef tu vas devenir anorexique mannequin en moins de temps qu’il n’en faut pour acheter un concombre.

Le magazine féminin est à la femme ce que la cigarette est au fumeur :
on a beau leur dire qu'il n'y a rien de bon dedans, elles en achètent quand même.
Oui mais voilà, cette histoire de perdre ces kilos, c’est bon pour remplir de joviaux torchons plein de gloss dégoulinant et de must-have estivaux, mais le reste de l’humanité s’en fout. Du moins c’est ce que je pensais naïvement jusqu’au moment où j’ai rencontré ce slogan sur un magazine qui se prétend spécialisé dans le running. Les runners veulent-ils vraiment perdre des kilos, ou bien le magazine a-t-il cédé à l’air du temps ?

Non, là je suis désolé, mais ça passe pas. Quelques kilos de moins et vous étiez parfaite, mais là...
Bon, perso, ça fait longtemps que je me gausse des plans d’entrainement (je préfère être libre de courir comme je le sens, quitte à être moins efficace) et je lis des articles plutôt pour avoir une idée d’ensemble sur le sujet, ou des idées d’objectifs. Après tout les lectrices de Elle ne s’habillent pas comme les filles du magazine, elles ne font que s’en inspirer.
Tu te demandes où je veux en venir ? Moi aussi. J’sais pas, il doit y avoir un message dans tout ça. Société de merde, ou un truc du genre. C’est quand même un billet pondu par un (type qui se prend pour un) djeunz, oublie pas.
10 juillet 2008
Divers : suffit !
L’autre jour, je lisais un article qui prônait la diversification sportive. Genre, courir, c’est bien, mais tu pourrais aussi nager un peu par exemple.
Alors du coup, j’ai opté pour le vélo. Je regarde le Tour de France à la télé. Et puis c’est intensif, hein, ne croyez pas ! Je commence à 8h le matin, avec toutes les analyses de la veille. Les analyses, tu vois, elles sont réalisées par des journalistes sportifs. Et souvent aussi, par d’anciens sportifs de la discipline. Et ces gens-là, c’est pas n’importe qui. Un journaliste est un type qui, quand même, est capable de t’annoncer d’un ton blasé qu’il y a eu 50 morts en Irak, et la seconde d’après s’enthousiasmer sur le temps du maillot jaune. Et l’ancien sportif est même pas blasé de l’actualité, il l’ignore tout simplement. Autant te dire que ces types ont le sens des priorités. Donc il y a les analyses, accompagnées des pronostics, et bien entendu l’ensemble sera démenti dès la fin de la journée.

Après des millénaires d'évolution, l'humain inventa... le vélo qui n'avance pas.
Ensuite la course commence. Tu vois des dizaines de vélos avec des types dessus, qui avancent sur la route. C’est presqu’aussi chiant que de regarder du golf. Et je regarde ça jusqu’à 18h, puis la confirmation des résultats au journal de 20h.

De la merde, oui, mais en HD !
J’arrive à la fin de la journée, je suis crevé sans rustine. Au début, je me disais que c’était pas grave, ça n’allait pas durer très longtemps, le Tour de France. Et puis on m’a dit que j’allais devoir aussi me taper les JO en août, parce que finalement on boycotte plus, ça fait perdre des contrats.
Je crois que je vais arrêter la diversification sportive.