29 août 2008
La poésie de Racine de X
C'est la rentrée, donc je pars en vacances (mais si, c'est très logique).
De vraies vacances, ce coup-ci : embruns, plages, mouettes, parasol, glandouille.
Je vais quand même essayer de faire partir l'île d'Oléron à la dérive,
ou de faire un aller-retour Oléron-New-York dans la nuit du mardi au
samedi, à la nage. Enfin, j'en sais trop rien, on verra bien.
En tout cas, ça va être l'occasion de bien diversifier mon activité
sportive, puisque j'envisage clairement de donner quelques coups de
pédales et de faire quelques brasses.
Quand je pense que je ne suis pas monté sur un vélo depuis des années,
et que je nage à peu près aussi bien qu'un bout de granit de 12 tonnes,
je suis content : Ça ne peut que évoluer positivement. C'est un vieux
secret qui fonctionne à tous les coups, et je te le donne, c'est
gratuit : plus t'es nul, plus t'as de chance d'améliorer tes
performances.
Par exemple, niveau running : le débutant va gagner dix minutes sur une
course, en 6 mois d'entraînement. Par contre après, tu rames pour
repousser la limite de quelques secondes, même en bossant des années.
Finalement les choses sont ainsi faites que les débutants sont beaucoup
plus encouragés par leur évolution que les sportifs aguerris. De cette
manière, les débutants rattrapent rapidement leur retard. Pas tout à
fait non plus, hein, mais tout de même, l'écart entre les deux se
réduit, on tend vers l'équilibre entre les humains (ouaaahh...).
Ma théorie (fumeuse je vous l'accorde) est que l'on s'améliore, quelque
soit le domaine, selon une courbe de type racine de x. Prenons un bête
exemple et surtout un schéma parce que là j'ai déjà mal au crâne.

Pour rendre le bazar un peu plus lisible j'ai pris une courbe f(x)=2*x^(1/2).
Je dis ça juste au cas où des dingues voudraient bidouiller dans le graphique, mais sinon on s'en fout royalement.
On part du principe que l'entrainement est régulier. On voit bien que plus le temps passe, moins le niveau monte vite.
Au début, pour gagner 2 niveaux, il faut une heure. Pour gagner 2 niveaux supplémentaires, il faut ajouter encore 3 heures. 2 niveaux de plus ? Ajoutez encore 5 heures ! etc.
Finalement, on aurait peut-être intérêt à adopter de nombreuses
disciplines, plutôt qu'une seule où il devient très difficile de
progresser.
Je vous laisse cogiter là dessus. Perso, je débranche mon cerveau la semaine prochaine. La jachère cérébrale est déclarée.
23 août 2008
Rayez la mention inutile
J’me baladais un peu fourbu, le cœur ouvert à l’inconnu, en quête d’un endroit paisible où je pourrais croiser les sept nains ou au moins, rester placide tel la vache, à lire un livre, affalé dans l’herbe, luttant contre le sommeil, luttant encore un peu, oh et puis en fait non ne luttant plus.
Quand soudain, j’eu une apparition, et tel un diablotin apercevant le paradis, je fus fleurdelisé par ce petit bout de forêt que je venais de dénicher.
C’était une petite clairière, en fait, vierge de toute trace humaine. Il y avait là un parterre de fleurs multicolores, des lutins (et des lutinettes) qui jouaient de la diaule et de l’accordéon, des papillons multicolores voletaient ça et là, certains entraînant dans leur sillage de petits lampions scintillants. Et autour des herbes hautes se dressaient des arbres ombrageux à la stature impressionnantes et réconfortante.

Mignonne petite dryade
En m’allongeant avec les lutins qui ne cessaient de caracoler joyeusement et parmi les épis dansant dans le vent, j’appréciai enfin le charme champêtre de Dame Nature à la fois si fragile et si puissante. Et je vis à la cime des arbres qui ceignaient la clairière, le ciel se découper en nuages cotonneux qui se mouvaient avec douceur, comme emprunts de sagesse.
C’est un crime de se balader en ville lorsque l’on habite si près de la forêt.
C’était une petite clairière, en fait, vierge de toute trace humaine. Il y avait là un parterre de ronces inextricables et des insectes léthifères émettant leur horrible bourdonnement. Des moustiques volaient ça et là, effectuant de grands piqués (dans tous les sens du terme) dans ma direction. Et autour de ce capharnaüm boueux se dressaient de sombres bosquets aux branches inquiétantes.

Mignonne petite dryade
En pénétrant plus avant, bravant les attaques tant des anophèles que des orties, je redoutai avec angoisse que la situation n’empire encore, et songeai avec nostalgie à la zone urbaine que j’avais quitté. Et je vis à la cime des arbres qui ceignaient la clairière, le ciel se charger de lourd cumulus omineux et menacer de tomber en une pluie torrentielle, comme si les nuages eux-mêmes exigeaient mon départ.
C’est une hérésie de se balader en forêt lorsque l’on habite en ville.
17 août 2008
Effeuillage du Bois de Vincennes
L’autre jour c’était la nuit. Et il pleuvait. Donc après moult hésitations et éloges dithyrambiques d’une soirée de glande, je me suis quand même décidé à abandonner ma pipe et ma cheminée pour voir de quoi il retournait dehors.
La nuit semblait décidée à rester sur place un moment, peut-être une semaine complète si les revendications syndicales des étoiles n’étaient pas prises en compte. Quant à la pluie, c’était ce genre de pluie sympa d’été, qui se demande si elle fait bien de tomber là ou pas, et qui s’évapore vite fait au cas où ça serait pas sa place. Des conditions pour courir finalement assez acceptables.
Donc je me lance vers le Bois de Vincennes pour un p’tit tour que je fais sans réfléchir. C’est mon tour de nuit, assez bien éclairé, bref, un de mes classiques (surtout en hiver où il fait nuit 35 heures par jour). Le Bois de Vincennes a comme particularité qu’il est fréquenté la nuit par une faune d’humains sournois. Déjà que toi t’as l’air bien hors contexte, dans ton short et tes baskets, mais la vieille qui nourrit les chouettes et le type qui attend sans bouger depuis des heures pieds-nus dans des plantes
rudérales, ont l’air encore plus étranges, je te le dis tout net. A la limite, une colonnade de prostituées m’étonnerai moins (mais il paraît qu’elles sont rangées dans des camionnettes, c’est pour ça qu’on les voit pas. Si, si, les camionnettes qui bougent toutes seules).

Tyrannosaurus Vincennus. Une espèce locale en voie de prolifération.
Mais y’a des règles du jeu assez simples si tu ne veux pas avoir à dialoguer avec ces résidents nocturnes :
- être un mec (désolé mesdames mais même un mirliflore crevé par une heure de course intensive sera toujours considéré comme une cible moins facile qu’une femme au meilleur de sa forme)
- être dans la lumière (Star Wars, ça vous parle ? Toujours éviter le côté obscur. On vous aura prévenu)
- être réactif (ou juste avoir peur. Le principe c’est d’esquiver les mains griffues qui sortent des arbres, et un simple sursaut surpris peut suffire).
Bien sûr, vous êtes peut-être vous-même une de ces créatures des ténèbres, auquel cas, veuillez ne pas tenir compte de ce qui est dit plus haut. Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas oublié, je publierai bientôt un petit billet didactique pour les êtres de l’ombre, expliquant comment violer correctement un acare sauvage ou effectuer une embuscade diabolique à l’aide de vos amis les molys.
Note pour éviter toute ambigüité : Comprenez-moi bien, je trouve ça révoltant d'avoir à supporter cette faune et ces soi-disant règles à la con - et encore, je n'ai jamais été pris pour cible.
11 août 2008
Balance tes New Balance (et nike tes Nike)
J'ai de belles chaussures, pas de doute. Mais en quoi sont-elles faites ? Est-ce que cette matière synthétique n'est pas un peu de la peau d'enfant étique mais pas éthique et pathétique ? Mini-enquête.
New Balance a ses usines en Angleterre (à Flimby). Enfin ça, c'est la version officielle, sur le site de la marque. Mais on n'a pas à gratter beaucoup pour tomber sur des déclarations très compromettantes.

« Les travailleurs fabriquant les produits vendus par les leaders du
marché tels qu’Adidas, Asics, New Balance, Nike et Puma sont toujours
payés une misère alors que les bénéfices de ces sociétés atteignent des
centaines de millions, voire des milliards de dollars » - Neil Kearney, secrétaire général de la FITTHC
« Je suis mort de fatigue. Tous les deux, nous devons coller 120 paires
de chaussures par heure… Nous travaillons sans relâche et avons
toujours peur de ne pas travailleur assez vite pour fournir les
semelles à la chaîne de fabrication suivante… Nous sommes fatigués et
sales. » - Travailleur dans une usine New Balance à Dongguan, Chine
"Dans les rayons confection,
tu peux voir les ouvriers qui collent les semelles des chaussures. En regardant
leurs mains, tu comprends depuis combien de temps ils travaillent ici.
Les formes des mains changent complètement. Ceux qui voient ces
mains sont effrayés. Ces ouvriers ne font rien d’autre que coller...
Un jeune de 20 ans en parait 30 et semble être devenu stupide. Son
seul espoir est de n’être pas licencié. Il fera ce travail
toute sa vie, il n’a pas de choix. (...) Nous travaillons de 7 à
23h et la moitié d’entre nous souffre de la faim." - Travailleur dans une usine à Dongguan, Chine
Et les témoignages sont légions, alors qu'on imagine bien que pas mal de moyens doivent être mis en œuvre pour cacher tout ça.
Après ça, t'as un peu la honte de te balader avec tes chaussures vert pétant, et tu espères courir assez vite pour pas qu'elles soient identifiables. Tu te dis que New Balance c'est vraiment de la merde en sac, ma prochaine paire sera d'une autre marque, non mais ho. Bon, on va pas me faire le coup 2 fois non plus, je fais la mini-enquête avant l'achat. Et là, c'est le drame. Aucune des grandes marques de chaussure de sport n'échappe au fléau d'une exploitation qui confine à l'esclavage contemporain. Cela signifie-t-il que pour devenir une entreprise importante, il ne faut pas hésiter à ruiner quelques centaines de vies humaines ? Que le succès d'une entreprise comme Nike ou Adidas repose forcément sur une chaîne de production esclavagiste ?
Abebe avait bien raison de courir pieds-nus (ça ne l'a pas empêché de gagner un marathon).
Je conclurai en citant les dernières paroles de Georges Abitbol : "Monde de merde..."
05 août 2008
L'extase y est pour quelque chose
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais en plus de se déserter autant de nouveaux articles que de nouveaux visiteurs, ce blog devient vraiment n’importe quoi.
Pléonasme me direz-vous, ce n’est qu’un blog futile et sans autre prétention que de faire perdre du temps à ses lecteurs et plus encore à son auteur (bon, en se marrant quand même un peu, si possible, merci c’est gentil).
On a bien la thématique principale du running, autour de laquelle tourne l’univers entier (la preuve c’est que j’arrive à parler d’orange pressée ou de métal germanophone), mais finalement est-ce vraiment autre chose qu’une trame de fond, un prétexte à l’existence de ce blog ? Hmm ? Mais comme tu t’en fous et moi aussi, je vais plutôt te parler de Jack la Menace.
Jack est un type, « les yeux vairons, le regard fauve », qui se complait, lorsque la température extérieure avoisine les 41°C à l’ombre du ventilateur grinçant de mon bureau, à sortir dans la rue bondée de touristes hagards et pleins de dollars, à mettre la musique à fond, et à danser comme s’il était possédé par le diable en personne.
Là où Jack la Menace est très fort, c’est dans son choix ô subtil de la bande son qui accompagne chacun de ses gestes à la chorégraphie furibonde. Dans ses grands jours, on a droit à la musique des Schtroumphs, suivit d’Amélie Poulain, puis un peu de disco des 70’s, et on termine sur l’Inspecteur Gadget remixé par DJ Khan Aïe. Tout ça compressé en une boucle de 2 minutes et 18 secondes répétée en moyenne 74 fois par après-midi torride.

ça, c'est Jack...
Et à mesure que mon cerveau se liquéfie dans cette extravagance sonore qui monte jusqu’au sixième étage où je me trouve, une main plaquée sur chaque oreille, je ne peux que me demander comment fait Jack la Menace pour en plus danser là-dessus. Cet homme a un secret – espérons qu’il soit licite tout de même. De danser à courir, il n’y a qu’un pas (sans jeu de mot), et il faudra que je songe à demander à ce saltimbanque des temps modernes quelle est sa mystérieuse technique.

et ça, c'est le quota de filles nues...