C'est aujourd'hui la veille du Marathon de Paris 2009, mon premier marathon.

Je vais avoir du mal à m'endormir ce soir, je pense, tant cette course devient obsédante. Je me réveille le matin en me demandant si j'ai assez dormi pour le marathon, je ne mange pas des pâtes, mais du glycogène pour le kilomètre 30, je bois et la bouteille me dit "n'attends pas d'avoir soif", dès que je me lève mes pieds réfléchissent à leurs appuis, cherchant leurs éventuelles faiblesses, bref, je vis marathon. Et donc du coup, je sens que je vais repenser à deux ou trois choses avant de dormir ce soir :

Comment ne pas repenser à mon tout premier semi qui m'a lancé dans le monde de la course à pied ? Fini le parcours de santé le dimanche, bienvenue dans le royaume des dossards, des pronateurs et des cardiofréquencemètres !
Comment ne pas avoir une petite pensée amusée pour le moment où, en 3 clics, je me suis inscrit au marathon en me disant que ça avait l'air facile finalement ?
Comment ne pas se souvenir de toutes les séances d'entraînements, sur piste, sur route, sur chemin, sur la neige, sous le soleil, sous la pluie, sous le vent... ?
Et puis tous les bons souvenirs... courses avec une cape, à la lampe frontale, en travers d'une techno-parade, sous les applaudissements, pour une association caritative... mais il y a aussi des réminiscences moins rassurantes... crampes violentes, points de côté, périostite, aponévrosite et tout ces trucs bizarres que le coureur appelle "blessure" qui m'ont empêché de m'entrainer pendant 2 mois...

Il faudra composer avec tout ça, ce soir, et avec tout le reste : vérification mentale du matos à emporter, mémorisation des temps de passages, des endroits clés (faux-plats, virages serrés, photographes, ...), etc.
Et puis, pour finir, tout oublier et enfin dormir.

Bonne nuit à tout ceux avec qui j'aurai plaisir de courir demain !