02 juin 2008
Trekking en solitaire dans le Cantal
Aller, une petite histoire de trekking pour s'endormir. Pas si petite que ça, en fait, et pourtant j'ai abrégé tant que j'ai pu.
Ne vous attendez pas aux merveilleuses aventures de Peter Pan ou à l'épique récit de l'Odysée : c'est juste les humbles vacances d'un type qui avait perdu la pédale de frein de ses chaussures de rando.
Je vous le fais genre journal de bord du Capitaine Barbe-Verte.
Jour 1
Je suis revenu hier de Strasbourg, pour passer moins de 10 heures à Paris. Il est midi et demie, et me voilà déjà, après plus de 5h de train, lancé à Murat, sur le GR400 (Volcans du Cantal). Grâce aux conseils futés des MUL, mon sac pèse un peu moins de 8kg (je n'ai jamais eu à me plaindre du poids par la suite).

Pour ce premier jour, le programme est assez court, mais fait office de test qui me permettra d'évaluer ensuite les distances et la durée de mes parcours. Les premiers mètres de dénivelés me conduisent à l'église Romane de Bredon.

Je ne croise pas beaucoup d'être vivants, la région est vraiment déserte. Même les chevaux jouent à faire le mort.

Tout en marchant, je contemple, mi-admiratif mi-inquiet, les montagnes que je vais grimper demain.
Arrivée à mon gîte d'étape au Col Prat de Bouc (très sympa) à peine 3h30 après mon départ. Mais je suis tout de même fatigué : j'ai avancé au pas de course. Et puis j'ai encore le semi-marathon de la veille dans les pattes.
Jour 2
Grosse grosse journée de prévue. 2 étapes en une. Départ à 8h.
Ça commence direct avec 450m de dénivelé, pour grimper au Plomb du Cantal, le point culminant des volcans du Cantal (1855m). Je me perds un peu au début, et lorsque je finis par retrouver le sentier, c'est pour affronter le vent.

On croirait qu'il y a du brouillard dans la vallée. Pas du tout. Je suis juste en plein dans un nuage. Plus que 100 mètres avant le sommet !

Sur un flanc se trouve un escalier qui facilite bien les choses. Je sors des nuages pour passer au dessus. Je trouve ça poétique, cet escalier vers le ciel.

Je descends ensuite du Plomb par une longue crète où les plaques de neige sont fréquentes (et amusantes : ça glisse super bien héhé).

Whaou... la diversité des paysages est frappante : on passe des nuages neigeux aux pâturages verdoyants. J'aime énormément ces grands espaces, où je suis absolument seul (je n'ai croisé personne).

Thiézac. Les randonneurs y font habituellement étape. Il faut dire que ça fait déjà 6 heures que je marche. Mais pour moi, la journée n'est pas finie. Je viens de redescendre dans une vallée, et il faut que j'aille dans sa voisine !

En redescendant vers Mandailles, mon étape de ce soir, j'aperçois le Mont Griou, si caractéristique. Je me prends à imaginer sa cime exploser de lave incandescente. Les ptérodactyles ne sont pas loin.
J'ai mis au final 10h30 à parvenir à Mandailles. Inutile de vous dire que je suis exténué. Je boitille même un peu !
Jour 3
Je trainasse un peu le matin, le temps de prendre un petit dèj excellent (confitures maison, céréales, la totale) et d'aller faire quelques emplettes pour midi. Mon hôte m'a indiqué un raccourci pour mon prochaine étape, mais bien entendu, je dédaigne le prendre. J'suis pas un marcheur de pacotille, non mais.
N'empêche que du coup je me tape une forêt ultra boueuse, un chemin qui passe dans une rivière (ou l'inverse, allez savoir). Et finalement, je suis assez crevé quand j'arrive enfin sur la crête, accueilli par les Salers cornues.
Ces placides bestioles se montrent hargneuses dès qu'on approche un veau, et comme dans mon parcours scolaire j'ai pas pris option bataille de cornes, il est de bon ton de ne pas énerver maman vache.

Photo prise dans la descente du Puy Chavaroche, mon préféré du massif. Majestueux, central, un peu enneigé, je l'aime bien. De là-haut je vois toutes les montagnes que j'ai déjà grimpé et celles qui me restent à escalader. Superbe.
Il m'aura fallu 8h30 tout de même pour arriver au gîte glacé du Fau. Je vais manger une truffade typique dans la taverne du patelin, histoire de me rappeler à quoi ressemble un humain (j'en croise si peu dans mes balades !). Note au passage : au moment de prendre ma douche, je m'aperçois que j'ai dû oublier ma serviette dans le gite précédent. Il faudra que je m'essuie avec un t-shirt jusqu'à la fin du voyage.
Jour 4
Théoriquement le jour le plus cool de la semaine.
Pour me réveiller, je touche une clôture électrifiée. C'est amusant. Essayez chez vous, vous verrez.

L'objectif de la journée est le Puy Violent (à gauche sur la photo), mais avant d'y parvenir, je lutte pour retrouver mon chemin. Encore une fois, il s'agit à la fois de ne pas perdre le GR, et en même temps d'éviter les marais. Peu à peu, j'apprends où marcher (en repérant les végétaux, ou la couleur de la terre qui s'enfonce de 15cm quand on marche dessus). A un moment, je perds totalement le chemin balisé, et je décide, plutôt que de le chercher, d'avancer juste avec ma carte et les courbes de dénivelé comme repère. Une fois la forêt franchie, le Puy Violent est aisément atteint.

Cette forêt que l'empreinte pour redescendre est bien mystérieuse. J'y croise un groupe de chamois (importés des Alpes parait-il). La descente au village du Falgoux est sympathique.
Il m'aura fallu 7h pour boucler cette journée, mais je me suis beaucoup perdu (j'y ai même laissé mes lunettes de soleil, perdues je ne sais où). La douche du soir est un vrai plaisir, même si l'eau n'est pas loin de partir en vapeur tellement elle est brulante.
Jour 5
Une belle journée (je n'ai pas eu une goutte de pluie jusque là) qui s'annonce ! Je prévois pas mal de crête et de sommets, avec possibilités de raccourcis si je suis fatigué (car je suis épuisé chaque soir).

Je suis enthousiasmé par toute ce vert dans le paysage. C'est en partie pour cela que je suis venu ici.

Tout petit au milieu de l'immensité...
Évidemment, je décide de ne prendre aucun raccourcis, et je vais donc au Puy Mary (l'un des 4 plus grands sommets du Cantal), malheureusement très touristique. Note : Record à battre : du pied au sommet, soit 200m de dénivelé, j'ai mis 12 minutes, sac sur le dos. C'était le petit défi en passant.

En y allant, je croise une petite mare qui reflète les nuages. Des nuages qui finiront par s'assombrir très vite, m'envoyant une bonne averse en fin de journée, ce qui m'a permis de tester le poncho (efficace).
Le gite du soir, près du Claux, est familial, bon enfant.
Jour 6
Je n'ai pris aucune photo ce jour-là. La première a été prise la veille, et les suivantes le lendemain. Pas de photo, car un temps pour le moins inadéquat. A base d'orage, vous voyez ? Le principe de la journée est simple : Je grimpe sur une crête, je la parcours, je redescends dans la vallée voisine. Mais voilà, le temps s'en mêle...
J'arrive rapidement au pied de la crête, encore fringuant de ma bonne nuit. Mais déjà, il y a de grosses bourrasques, et je me demande ce que ça va donner 400m plus haut, sans aucun paravent. Une fois en haut, il y a une ambiance terrible (non, pas comme au concert de ta star préféré, mais, oui, ça décoiffe aussi). Le GR est, une fois n'est pas coutume, hyper bien balisé, et la traversée de la Brèche de Rolland promet d'être très sympa, avec ce vent infernal qui m'oblige à avancer les jambes arquées pour avoir de bons appuis.

Sur la photo, il faut imaginer que je suis parti de la droite pour aller à gauche. Mais surtout, il faut imaginer les nuées qui sont derrière la montagne et font tout ce qu'elles peuvent pour passer de l'autre côté (ce qui donne un sacré vent là-haut).
Pour me donner du courage, je commence à chanter. Toujours pas de pluie, mais autour de moi, le brouillard s'épaissit.
Et puis arrive la brèche (cet espèce de trou enneigé qu'on voit bien sur la photo ci-dessus). Je dois désescalader une paroi, franchir le passage à moitié glacé, et re-escalader de l'autre côté. Aucun soucis d'habitude, mais le vent me fait craindre de m'envoler, surtout que le vent est encore plus fort dans cette brèche que sur la crête.
Alors, minutieusement, je prévois mentalement où je vais poser les pieds, de quelle manière je vais grimper en face. Je descend doucement jusqu'en bas, en me cramponnant à la paroi. J'ai un peu peur pour ma vie, mais je me lance en courant en étant à moitié accroupi pour éviter la prise au vent. Puis je grimpe tout comme j'avais prévu.
Ouf ! J'en suis sorti !
La pluie se met à tomber, mais qu'importe, le pire est passé !

Je redescends ensuite vers le Lioran, où m'attends mon hôtel, ultime étape de mon périple. Ce faisant, je tombe sur le Trail Merrell Oxygen (presque par hasard) ! J'accompagne les derniers kilomètres des concurrents en les encourageant. Ça me fait plaisir de les voir, j'ai l'impression qu'ils viennent d'un monde connu alors que je sors d'une autre planète.
Cette journée a été finalement très courte (4h30), mais riche en émotion.
Pour conclure, c'était donc un trek très sympa. Les étapes étaient longues et fatigantes, mais je voulais un parcours sportif. Et puis, côté paysage, j'ai été très gâté. Quant à la météo, que du beau toute la semaine, sauf la fin, mais je m'en serai voulu de passer à côté d'une expérience aussi intéressante que la traversée de cette foutue brèche (que je ne retraverserai plus jamais ! Téméraire mais pas suicidaire !).

Comme je pense que ça peut intéresser des randonneurs, je ferai un commentaire avec toutes les références des gites.
15 mai 2008
Défi 13 - Semi marathon de Strasbourg (objectifs)
On est maintenant à J-3 de ce petit défi.
On commence a obtenir les premières prévisions météo fiables et les premières intuitions de réussite ou non. Météo France annonce une belle pluie par un petit 9°C, mais je préfère encore ça à un soleil pétant de 27°C comme la semaine passée. Par contre, niveau vent, ça reste encore la surprise.
Quant à moi, j'ai un peu de mal de savoir où j'en suis, dans la mesure où mes entrainements ne se font jamais en fonction du kilométrage (donc difficile d'évaluer si je peux tenir un semi, par exemple). Oui parce qu'il faudrait kilométrer toute la forêt, et les écureuils ont dû effacer le marquage au sol. Ou alors il me faudrait un GPS, mais vu le prix, est-ce bien raisonnable, hm ? Non donc je me contente des mesures de mon chrono et de mon cardio pour m'entrainer et varier le type de séances, et ça me convient très bien comme ça.
J'ai un peu peur de n'avoir pas assez dormi pour le Jour J, étant donné que je raccourcis mes nuits en ce moment pour boucler des projets avant de partir en vacances. Ha oui, parce que je vous ai pas dit, mais le semi de Strasbourg n'est en fait que la première étape d'une balade de 8 jours (la suite sera une sorte de trek dans le Cantal). Enfin, cessons de tergiverser, voici les objectifs :
Objectifs :
- Visiter Strasbourg et parcourir un France-Allemagne en se faisant plaisir
- Soutenir JSC (Jeunes Solidarité Cancer)
- Finir la boucle plus vite qu'à mon record Rémois, donc en moins de 1h32

C'est ce qui a de drôle avec ce semi : il se ballade d'un pays à l'autre, l'air de rien. Le parcours à l'air normal, mais je suis sûr qu'il y a moyen de sacrément se vanter après en société. Conversation type : "Et c'est quoi ta dernière course ? Oh, un petit semi marathon reliant France et Allemagne..." C'est la classe, si, si (surtout que les gens qui ne courent pas ne font la plupart du temps que peu de différence entre un semi et un vrai de vrai marathon. S'ils savaient...).

Le semi passe par Kehl
Ça va être très sympa, je sens, même s'il pleut. On aura moins de monde qu'à Paris, c'est évident, mais ça évitera de se sentir étouffé ou d'être trop entrainé par les sprinteurs fous des premiers kilomètres.

La dernière fois que je suis venu, ils avaient planté un marché de Noël. Souvenirs, souvenirs :)
13 janvier 2008
Défi 10 : Musique Maestro !
Pour bien commencer la saison, j'ai voulu relever un premier défi pas très classique, et pas si facile qu'il en a l'air.
Objectifs : Courir 1 heure, en écoutant de la musique, et en chantant.
A l'issue de cette épreuve, je ne sais toujours pas comment font les gens qui courent avec un baladeur sur les oreilles. En les observant, on a l'impression que tout est normal, tout va bien, c'est génial les petits oiseaux font cuicui les papillons volent. Mais en fait, il n'en est rien !! A l'intérieur, c'est le chaos, car le cerveau doit lutter entre le rythme entraînant de la musique, et celui bien différent des pieds qui avancent.

"Tiens, c'est marrant cette musique, on dirait une symphonie de klaxons !"
Je savais bien que ça n'allait pas être simple, et j'avais même fait un peu d'apnée à la piscine pour m'entraîner à respirer n'importe comment, et ça n'a pas loupé : au bout d'une demi-heure, je suffoquais. Pourtant, j'avais mis une stratégie (foireuse) au point, digne d'une ruse de Kasparov (un sacré goupil celui-là) : C'est simple, je courais sur le même rythme que la musique, et à chaque pulsation, je posais un pied au sol. Sauf que le terrain était miné...
Hé ouais, parce que pour commencer, la musique change de rythme toutes les 3 ou 4 minutes, ce qui rend la course irrégulière, mais surtout, il y a des fois où la pulsation musicale est trop lente ou trop rapide pour être suivie, et là, c'est le drame ! Complètement déboussolé, je ne savais plus comment et quand poser les pieds. Alors j'ai pété un plombs comme on dit chez les électriciens, et j'ai chanté plus fort une sorte d'improvisation sans doute fort peu mélodieuse, pour couvrir ce que j'écoutais. Je dis pas que c'était forcément très efficace. Essayez, rien qu'un instant de courir et chanter en même temps, et vous verrez à quel point une chanson, aussi belle soit-elle, peut devenir totalement discordante et méconnaissable, et à quel point cela peut être ridicule de faire une telle chose.

Un éléphanteau qui court en arrosant l'un de ses congénères. C'est la preuve que le défi absurde est naturel.
Oui parce que j'étais entouré, comme il se doit, par tous les coureurs de Vincennes et par les familles venues se balader le dimanche dans le bois. J'ose à peine imaginer le spectacle que ça devait être pour eux, de voir un dingue courir n'importe comment, en beuglant des soli de guitare (avec les gestes du batteur en bonus) entrecoupés de respirations dont la sonorité devaient vaguement évoquer l'agonie d'un phoque enrhumé. Du coup j'ai croisé quelques sourires et autres regards éberlués. Mais c'est ça aussi, le mad running : les limites ne sont pas que physiques, il faut aussi repousser les conventions, la bienséance, la normalité, et tenter, avec son petit cerveau, d'aller au-delà du déjà vu pour atteindre le surprenant.
Pour conclure, j'ai donc tenu une heure, et uniquement grâce/à cause du défi, mais chaque minute supplémentaire aurait été un supplice pour mes poumons. Courir en chantant et en écoutant de la musique, plus jamais ça ! Non mais sans blague, j'avais presque envie de rejoindre les cygnes dans leur étang pour noyer mon baladeur. Je préférerais encore courir en apnée ! Tiens, mais c'est une idée, ça...
14 octobre 2007
Défi 07 - La littérature pas à pas
D'aucuns se souviennent peut-être qu'il m'est arrivé de parler de littérature ici-même. J'y évoquais "Les amours de Diane" et "les trophées". Toutefois, Dieu merci, la culture littéraire ne s'arrête pas à la poésie du XVIème ou du XIXème.
Dans notre culture, il y a plein d'autres choses, comme par exemple Sartre, Tolkien, Nothomb, Bruni, Arleston, Kamini, et "Kiabi, la mode à petits prix".
Pour faire honneur à tout ces gens qui nous polluent joyeusement les neurones donnent une intéressante ouverture d'esprit, j'ai décidé de relever un défi particulier :
Objectifs : Recopier un texte en courant et ne s'arrêter de courir qu'une fois le texte entièrement écrit.
Pour corser les choses (oui parce qu'avant de me lancer dans le défi, je trouvais ça un peu facile), j'ai choisi un texte dans la magnifique langue de Goethe, que je maîtrise très approximativement (voire pas du tout en fait).
Sans plus attendre, car je sais que vous mourrez d'impatience derrière votre écran, voici le résultat (peu fameux, certes) de cette aventure scribouillarde :

(cliquez sur l'image pour visualiser les dégâts dans toute leur splendeur)
Sachez d'ors et déjà que j'ai mis 63 minutes à pondre la merveille ci-dessus, ainsi que sa sœur où est inscrit la suite (mais je vous épargne sa vue, car d'une part cela n'apporterait rien au débat socio-économique sur la présence ou non de mouches tropicales ravageuses sur les flancs du Kilimanjaro, et d'autre part j'avais la flemme de scanner un papier froissé, maculé de boue, de sueur, de sang et de larmes).
N'allez pas croire que j'avais appris par coeur le texte. Tel la rascasse des marais, je possède en effet une mémoire rarement suffisamment longue pour m'être d'une quelconque utilité. Ainsi j'oublie fréquemment les anniversaires, les noms de mes amis, et l'âge du capitaine. A l'heure actuelle, personne ne connaît la raison de cette insuffisance mémorielle dont je souffre. Les plus alarmistes affirment que je serai le signe d'une dégénérescence chronique et inéluctable de la génération Internet. D'autres pensent que je suis nonchalamment je-m'en-foutiste (alors qu'en fait, j'aime pas du tout le foot). D'autres pensent enfin que la soupe est trop chaude, sacrebleu, je me suis brûlé la langue.
Donc, difficulté supplémentaire, je trimballais le texte à recopier avec moi.
Malgré le fait que j'oublie donc (en plus du reste) mon initiation à la vivante langue qu'est l'allemand, j'ai tout de même pris soin de choisir un texte dont j'apprécie les sonorités et le sens (oui parce que du coup j'en ai cherché le sens).
Et pour clore ce poste rocambolesque et ouvrir la voie aux prolifiques commentaires, je vous mets au défi (oui, y'en a pour tout le monde ici, y'a pas de raison), de retrouver l'auteur du texte qui m'a tenu en haleine plus d'une heure.
27 août 2007
Défi 05 - Hydratation maximale (2)
Hem hem...
Oui, bon, c'était peut-être pas la meilleure idée de l'année, mais au moins, j'ai expérimenté.
Déjà boire 2 litres et demi, c'est un challenge. Essayez chez vous, vous verrez. En fait, ça doit demander un peu d'entraînement, je pense, pour que l'estomac soit suffisamment élargi. Enfin quoiqu'il en soit, après avoir bu tout ça, j'avais surtout pas envie de me lever (ni de me coucher d'ailleurs), mais juste de rester assis, à attendre que ça passe tranquillement.
Mais, défi oblige, j'ai chaussé mes baskets, et je suis sorti sous le soleil, à petites foulées.
Dès les premières enjambées, on entend le floc floc dans le bide, un peu comme un clapoti contre une barque en mer, mais en plus douloureux. Hé oui, car l'estomac n'apprécie guère d'être autant chahuté, et il le fait savoir. D'ailleurs, je suis rapidement devenu nauséeux, me demandant si je devais continuer ou pas. Et puis bon, forcément, j'ai poursuivi la course...
L'idée était que le corps a vraiment besoin de flotte, et donc très vite, l'estomac allait être délesté de tout ce foutu liquide. Et c'est pas faux : j'ai pu le vérifier. Plus je courais, mieux je me sentais. J'ai même commencé à avoir une bonne envie de pisser, les reins devant fonctionner à plein régime. Bref, ça allait en s'améliorant, puisque j'écoulais le stock. Sauf que... j'avais encore 1 litre à boire en courant...
L'air de rien, ce litre était le litre de trop. Il aurait été tip top si je n'avais pas bu déjà avant, mais là, de reboire encore, finalement, ça préservait cet état nauséeux que j'avais depuis le début.

Bref, j'ai quand même terminé avec succès ce défi, mais je n'y ai pris absolument aucun plaisir.
De là à conclure que "Boire ou courir, il faut choisir", c'est aller trop vite en besogne !
Non, ce qu'il faut, c'est boire un demi litre avant de partir, et puis prévoir environ 1 litre par heure de course ensuite. Et là, tout se passe bien, le corps est hydraté, mais l'estomac, les reins et la vessie sont préservés !
26 août 2007
Défi 05 - Hydratation maximale (1)
On ne le répétera jamais assez, une bonne hydratation du corps est primordiale pour le coureur.
Le CNRS explique que "l’eau est le principal
constituant du corps humain. La quantité moyenne d’eau contenue dans un
organisme adulte est de 65 %, ce qui correspond à environ 45 litres
d’eau pour une personne de 70 kilogrammes."*
Les sites web spécialisés rabâchent à l'envie leur conseils sur le besoin corporel en eau et expliquent que "L’hydratation lors d’une course est d’une importance capitale tant du
point de vue de la performance que de la prévention des blessures."*
Tout cela est d'autant plus vrai que nous sommes en plein été, et que le thermomètre indique 32° à Paris...
J'ai donc décidé de souligner ce besoin essentiel de s'hydrater avant et pendant la course, avec ce nouveau défi, un peu militant, un peu expérimental, et bien entendu complètement absurde.
Objectifs : Boire 2,5 L avant, et 1 L pendant la course (d'une heure).
Je l'ai dit : c'est important de boire suffisamment !
05 août 2007
Défi 04 - 60 minutes sous les étoiles (2)
Et voilà ! Un défi de plus à mon palmarès :)
J'en reviens tout juste, et je peux vous dire que c'est une sacrée expérience...
Tout commence avec l'équipement. Plus ça vient, plus j'ai l'impression de partir au combat. Ca devient presque un rituel. D'abord le short et le T-shirt, en coton parce que les autres matières qui sont censées être plus pro ne m'ont pas vraiment convaincues. Ensuite, comme c'est la nuit, gilet sans manches en polaire : ça garde au chaud avec le haut col, mais ça laisse libre des mouvements. Ensuite je place mon podomètre à ma ceinture (qui n'a toujours pas de nom). Je chausse mes super chaussures (il faudra que je vous en parle, c'est une nouvelle acquisition). Et enfin, juste avant de m'enfoncer dans les ténèbres, je mets Galad, ma lampe frontale, autour de ma tête.
Je suis donc parti, avec tout ce bazar sur moi, me dirigeant vers la forêt la plus proche (le Bois de Vincennes). Il ne me faut qu'une dizaine de minutes pour atteindre les premiers arbres, mais c'est assez pour avoir le temps de croiser quelques personnes (car je sais pas chez vous, mais à Paris, y' a des gens dans la rue pratiquement toute la nuit). Et ce qu'il y a de marrant, c'est qu'ils se retournent tous en disant des trucs du style "Quel courage !" ou "Il est complètement dingue" ou même, ils ne disent rien, mais leur regard ébahis vous suffit pour comprendre que vous êtes estimé comme le barjo nocturne n°1. Et ça, les amis, ça n'a pas de prix.
Mais tout cela n'a qu'un temps. Rapidement, on arrive bel et bien dans la forêt. La lumière de la ville s'éloigne de même que le brouhaha des voitures qui passent au loin. A ce moment, on a beau connaître parfaitement le chemin, on se dit que c'est quand même bien bizarre la nuit. La perception visuelle est totalement faussée. Comme on ne voit que dans le faisceau lumineux de la lampe frontale, c'est impossible de voir au-delà de 30 mètres, et de même, on ne voit rien autour de soi. De temps en temps, le hululement du hiboux résonne au loin, et on prend conscience qu'on est seul. Complètement seul.
A un moment, je n'ai pas résisté à l'envie d'éteindre Galad. Là, c'est aussi une bonne expérience. Selon l'endroit où l'on est on distingue des masses informes au sol, et puis la silhouette des arbres qui se découpe nettement sur les cieux étoilés. Génial. Dans cette obscurité, que j'aurai cru totale, on finit en fait par distinguer certaines choses : mes chaussures, qui semblent briller étrangement, le chemin blanc qui s'éloigne vers l'horizon... Lorsque toute lumière est éteinte, on voit donc quand même. Bon, s'il y a des trous dans le chemin, ou un lapin dans un buisson, c'est clair qu'ils passeront totalement inaperçus. Et c'est justement pour ça que j'ai rallumé Galad, qui est quand même rassurante.

Au bout d'une demi-heure, je n'avais pas senti le froid arriver, mais mon souffle partait en vapeur, signe d'une chute sensible de la température ambiante. Avec ces bouleversements visuels, j'ai plus ou moins perdu mon souffle (bon, y a aussi le manque d'entraînement en cause, hein). Alors je suis revenu sur des chemins maintes fois parcourus (parce que j'en étais un peu parti), saluant au passage une magnifique lune rousse.
Une fois revenu chez moi, j'avais mal à la tête (j'attribue ça à Galad qui devait me serrer un peu trop + la fatigue) et aussi à l'estomac (je pense que c'est le fait d'avoir dîné peu de temps avant d'aller courir qui m'a fait ça). Mais maintenant, après quelques étirements et une bonne douche, je me sens déjà mieux.
Franchement, courir la nuit, c'est une expérience que je vous conseille de vivre au moins une fois.
Avez-vous déjà tenté ?
03 août 2007
Défi 04 - 60 minutes sous les étoiles (1)
C'est parti pour un nouveau défi !
Qu'y a-t-il de plus beau et de plus agréable qu'une nuit d'été... pour courir ?
Objectifs : Courir 60 minutes la nuit.
Oh, et bien sûr, pas en ville. Ca serait trop facile. Non, en pleine nature, là où la civilisation n'a pas encore planté ses lampadaires et ses enseignes lumineuses. Je suis curieux de voir ce que ça donne.
Bon, ne vous inquiétez pas, même si je serai sûrement le seul dingue à courir la nuit dans un bois demain soir, je ne serais pas plongé dans le noir total. Rappelez-vous, j'aurai avec moi Galad qui repousse les ténèbres à mesure que j'avance...

21 juillet 2007
Défi 03 - Le Noeuf
Ca commençait à me démanger sérieusement de me remettre à courir... alors j'ai recouru !
Mais bon, il faut savoir aussi se ménager après une blessure, donc pour le moment, je ne cours pas longtemps, mais je cours souvent. Voyez plutôt les objectifs de ce défi :
Objectifs : Courir 9 fois 9 minutes avec un intervalle de 9 minutes entre chaque course. Tout ça avec un oeuf dans la main.
Je viens de faire ça aujourd'hui :)
Et ça m'a pris pas mal de temps en fait. Voilà les temps des départs :
14h00
14h18
14h36
14h54
15h12
15h30
15h48
16h06
16h24
Arrivée à 16h33
Tout compte fait, même si aucune douleur n'est à déplorer (et c'est tant mieux), je me demande si j'ai vraiment recommencé en douceur. En effet, sur 2h33 de course, j'ai quand même couru 81 minutes. Bon, dans les faits, ça ressemble à une ballade un peu sportive. En 9 minutes, c'est impossible d'être essoufflé.
Ha ! Un truc chiant à signaler : l'oeuf. Je sais que ça n'a l'air de rien, comme ça, mais se trimballer un oeuf pendant 2h30, c'est crispant. En fait, il occupe toujours une main ou l'autre et on finit par avoir une seule envie : resserrer la poigne pour l'exploser une bonne fois pour toute et en finir. J'imagine que ça entraîne la maîtrise de soi, le contrôle psychologique, bref, le sang froid. Je suis sûr que ça a son utilité.
Vous avez déjà couru avec un oeuf, vous ?

22 juin 2007
Défi 02 - Le messager (2)
Mission accomplie pour ce second challenge !
J'ai d'ailleurs un petit peu corsé les choses en courant... de nuit !
Comme vous le savez, la nuit du 21 juin, c'est la fête de la musique. A Paris, certaines lignes de métro restent ouvertes sans interruption, et c'est comme ça que j'ai pu rejoindre l'ambassade des Etats-Unis à 2h30.
Départ assez rapide et remontée de l'avenue des Champs-Elysées ! Un bon moment dans cette rue qui est toujours blindée de monde, quelque soit l'heure. J'ai eu autant d'encouragements que sur une course "officielle" (la plupart étaient ironiques, mais ça me fait marrer autant). Une fois arrivé à l'Arc de Triomphe, dont j'ai fait le tour, j'ai normalement redescendu l'avenue d'Iéna. C'est incroyable le changement d'ambiance entre les deux avenues. Bon, on a toujours droit aux baraques luxueuses aux immenses portes de dingue, mais l'avenue d'Iéna n'était pas du tout éclairée et je n'y ai croisé presque personne. Après avoir dépassé pas mal d'ambassades (on dirait que c'est une rue dédiée à ça !), je suis enfin tombé sur celle d'Iran. Pas de quoi fouetter un chat. Plutôt glauque. J'ai repris ma course en sens opposé presque aussitôt, rejoignant rapidement l'avenue des Champs-Elysées toujours aussi bondée à 3h qu'à 2h30. De retour à l'ambassade des Etats-Unis (qui fait bien 200 mètres de long), j'ai retrouvé tout ces flics qui gardent l'entrée et que j'avais déjà vu à mon départ.
Mon podo (qui n'a toujours pas de nom) indiquait 7km200 pour cet aller-retour, effectué en 40 minutes.
J'aurais bien publié ici quelques photos mais :
- je n'avais pas d'appareil photo
- il faisait si noir devant l'ambassade d'Iran qu'on aurait rien vu
- il y avait tellement de flics et d'arbres devant l'ambassade des Etats-Unis qu'on aurait rien vu non plus
Donc faute de mieux, voici juste une petite photo aérienne prise de jour de l'ambassade d'Iran :

Pour finir, je dirais que la relative bonne ambiance m'a permis de passer outre un mal de pied étrange et une nuit pas si chaude que ça. Par ailleurs, le faible kilométrage fait que ce défi était davantage une expérience farfelue qu'un véritable défi physique. Mais cela ne lui enlève en rien son intérêt et le plaisir que j'ai eu à le relever !
A très bientôt pour un nouveau défi !