06 avril 2009
Marathon de Paris 2009 (CR)
7h30
Pour un dimanche matin, il y a un monde fou dans ce métro ! La moitié des gens se balade avec un sac plastique en guise de gilet, et quelques discutions excitées fusent ça et là, au sujet de "sas de départ", de "mur du 30ème" et autre "tunnel de la mort". Quelques fêtards du samedi soir nous regardent, ahuris. Dans le micro, la conductrice du métro souhaite bonne chance à tous les marathoniens.
8h00
Depuis la Place de l'Étoile, je descends l'avenue Foch transformée en vestiaire géant, essayant de me frayer un passage parmi les centaines de coureurs qui se pressent pour déposer leurs affaires. Il y a certainement un problème d'organisation, mais dans cette cohue, Karatekoud parvient à me retrouver et on s'encourage mutuellement avant de se perdre à nouveau dans la foule.
Le temps de déposer mon sac et de faire la queue aux toilettes, et je me retrouve un peu en retard. Je remonte l'avenue Foch et descends ensuite vers mon sas, à petites foulées, histoire d'avoir un échauffement succin tout de même.
8h45 - chrono : 0 h 00 min 00 sec
Un commentateur encourage les coureurs au micro, haranguant cette gigantesque foule chamarrée que nous formons. Chacun vient de sa région ou son pays (plus de 10 000 étrangers sont présents), chacun avec son histoire, son entrainement, ses objectifs. Chacun est unique, mais on est tous dans la même galère, prêts à avaler 42 bornes. En course à pied (à mon niveau), la compétition est davantage synonyme d'entraide que de rivalité. Le compte à rebours est égrainé : 3, 2, 1... Les élites s'élancent déjà, fendant l'air à plus de 20km/h.
chrono : 0 h 05 min 00 sec - km : 0
La musique des Charriots de Feu donne une dimension épique au départ déjà démesuré par ses dimensions. Devant moi courent 10 000 personnes, et je sais que si je me retourne, j'en verrai le double. Ça et là, des bannières s'agitent alors les meneurs d'allures prennent leurs marques. L'avenue des Champs-Élysée est devenue une immense masse mouvante qui progresse sous le doux soleil d'avril. L'instant est magique.
chrono : 0 h 24 min 21 sec - km : 5
Je prends un départ assez rapide (trop, en fait), avec pour base 4'55/km, visant un hypothétique 3h30. Je me sens très bien, même s'il faut faire constamment attention aux autres coureurs, aux trottoirs, poteaux, voitures stationnées. Je dépasse le Musée du Louvre et arrive tranquillement au kilomètre 5 à l'Hôtel de Ville. Jusque là, tout va bien !
chrono : 0 h 48 min 38 sec - km : 10
J'ai 30 secondes d'avance, ce qui est sans doute un peu déraisonnable. Je me fais la réflexion que je devrais peut-être ralentir, puis, me souvenant que je cours complètement au jugé (sans véritable prépa, j'ignore ce que je vaux vraiment), je décide d'accrocher un meneur d'allure qui doit m'emmener au bout en 3h30. On arrive au Bois de Vincennes, terres connues, qui me rappellent le semi de Paris. C'est sécurisant de courir dans des rues que l'on connait. Le soleil commence à taper et avec mes 2 t-shirt l'un sur l'autre, j'ai déjà un peu chaud.
chrono : 1 h 13 min 26 sec - km : 15
Je maintiens mon allure à travers le Bois de Vincennes, suivant scrupuleusement le meneur d'allure. Je me souviens avoir lu quelque part que les 15 premiers kilomètres doivent ressembler à une promenade de santé, et qu'il faut se réserver pour la suite. Pourtant, je sens déjà la fatigue monter. Ce n'est que le début.
chrono : 1 h 44 min 03 sec - km : 21,1
J'ai vraiment un coup de fatigue dans ce Bois qui n'en finit pas de monter. Je sais aussi que j'arrive au maximum de ce que j'ai couru en compétition. Depuis le 15ème, j'ai à la fois un peu faim et je suis aussi un peu nauséeux. Je prends un gel énergétique au 19ème, comme j'avais prévu.
chrono : 2 h 03 min 46 sec - km : 25
Je regagne un peu de temps, mais il ne faut pas se leurrer, cette portion du parcours est en descente et aide beaucoup à se refaire. Car je sens bien que mes jambes s'alourdissent, qu'une fatigue inévitable est en train de tomber sur moi comme une chappe de plomb. Le mur du 30ème ? Il commence à me faire bien flipper, parce que je suis déjà très vulnérable. J'essaie de prendre du recul sur la course, et je me vois, essoufflé, ayant chaud, harassé... je me dis que j'avais prévu d'être dans cet état au 35ème. Il faut que je me ressaisisse !
chrono : 2 h 30 min 27 sec - km : 30
Mais rien à faire, je suis à bout. Je décide, au kilomètre 28, de marcher un peu, pour reprendre mon souffle et laisser le temps à mon cœur d'avoir un rythme plus lent. Parfois, une petite pause permet de repartir de plus belle, en meilleures conditions. Mais lorsque je me mets à marcher, je me rends compte que mes jambes sont vraiment douloureuses. J'avance au ralenti, en grimaçant. Les spectateurs m'encouragent, m'interpellant par mon prénom comme s'ils me connaissaient ! C'est vraiment une bonne idée d'avoir inscrit les prénoms des coureurs sur leur dossard. Je repars à petites foulées, comprenant que je ne passerais pas sous les 3h30. Cela dit, ça ne me touche pas plus que ça puisque mon objectif de la journée est simplement d'arriver au bout.
Arrivent les fameux tunnels, qui, sur le marathon de Paris, sont réputés pour détruire le moral. Il y a un tunnel qui est vraiment long, où on ne voit pas le bout pendant longtemps, où les spectateurs sont complètement absents, où la lumière est étrange, et les bruits pleins d'échos. L'ambiance est vraiment étrange, il faut l'admettre, et c'est ici que le moral devrait chuter. Mais j'ai derrière moi une troupe de joyeux lurons qui profite de l'écho pour lancer quelques slogans bien rodés. "On n'est pas fatigué !" Au bout d'un moment, une sorte de hola sonore arrive à mes oreilles : les coureurs qui sont au début du tunnel crient, ceux qui sont devant eux prennent le relais, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on entende le hurlement de dizaines de coureurs amplifié par les échos arriver jusqu'à soi, et qu'on crie à son tour.
Des tunnels comme ça, je m'en referai bien tous les jours, et ce cauchemar de marathonien est pour moi un excellent souvenir de bonne humeur et d'ambiance festive, alors même que j'étais déjà épuisé physiquement.
chrono : 3 h 05 min 31 sec - km : 35
Ce n'est plus vraiment une course comme je l'aurai imaginé, mais plutôt une alternance de marche et de footing. Impossible de faire plus. Certains coureurs adoptent un rythme lent et régulier, mais ce n'est pas mon cas: une fois que je cours, c'est vite, mais je recommence souvent à marcher. Je me dis qu'on ne peux pas comprendre vraiment ce qu'est un marathon avant de l'avoir couru. En tout cas moi je n'avais compris à quel point c'est difficile. "Inhumain", me dis-je. Je regarde ma montre et j'ai un sourire en pensant que Ludo doit déjà être arrivé. Je mange un quartier d'orange au ravito, regardant autour de moi tout ces gens pressés. Tiens, le meneur d'allure des 3h45 vient de me dépasser. Je réfléchis en buvant une gorgée de Powerade : Combien de temps me reste-t-il par kilomètre pour arriver en moins de 4h ? Dur de faire des maths en étant aussi fatigué !
chrono : 3 h 55 min 00 sec - km : 42,195
La course a pris une toute autre dimension qu'au début. Ce n'est plus la marée humaine enthousiaste qui salue les fanfares et les spectateurs, c'est devenue une assemblée silencieuse de coureurs rendus humbles par 40 bornes dans les jambes, pliés sous l'effort. Je trouve soudain inadmissible qu'on nous oblige à courir autant. Puis je réalise avec un sourire que c'est moi qui l'ai voulu. Je songe à la pluie du Semi Marathon de Paris 2009. Si j'avais eu ce temps là, aurais-je eu la volonté de terminer ? Mais il fait beau, le public est là. Des supporters du Marathon du Beaujolais distribuent des verres de rouge. Bien courageux est celui qui en boira, car les estomacs sont fort malmenés ! J'ère dans le Bois de Boulogne sans fin. Qu'est-ce que c'est long !
Et puis, arrive le kilomètre 42. Il est beau, ce panneau "42" ! On est content de le voir ! Certains coureurs ont la force d'accélerer. Je préfère quant à moi profiter de ces derniers instants sans me ruiner davantage. De toute façon, je suis épuisé depuis bien longtemps. Ca y est, l'arrivée est visible. Je ne vois plus que le pavé sous mes chaussures, et peut-être, au loin, l'Arc de Triomphe. Je longe le public sans le voir. Je sais que j'ai gagné. Quelques mètres plus loin, je marche sur le tapis rouge de la ligne d'arrivée. Courir mon premier marathon en me basant presque exclusivement sur mes acquis et un entrainement quasiment absent, et finir ce marathon, c'était mon plus gros défi depuis que je tiens ce blog. Et ce défi, je l'ai remporté. Maintenant, moi aussi, je suis un marathonien.
Chrono : réel : 3h55m00s / officiel : 3h59m13s
Classement : réel : 11969 / officiel : 12522
Merci à tous mes lecteurs
05 avril 2009
Résultat du Marathon de Paris
CR dès demain ! ;)
04 avril 2009
Le jour d'avant
C'est aujourd'hui la veille du Marathon de Paris 2009, mon premier marathon.
Je vais avoir du mal à m'endormir ce soir, je pense, tant cette course devient obsédante. Je me réveille le matin en me demandant si j'ai assez dormi pour le marathon, je ne mange pas des pâtes, mais du glycogène pour le kilomètre 30, je bois et la bouteille me dit "n'attends pas d'avoir soif", dès que je me lève mes pieds réfléchissent à leurs appuis, cherchant leurs éventuelles faiblesses, bref, je vis marathon. Et donc du coup, je sens que je vais repenser à deux ou trois choses avant de dormir ce soir :
Comment ne pas repenser à mon tout premier semi qui m'a lancé dans le monde de la course à pied ? Fini le parcours de santé le dimanche, bienvenue dans le royaume des dossards, des pronateurs et des cardiofréquencemètres !
Comment ne pas avoir une petite pensée amusée pour le moment où, en 3 clics, je me suis inscrit au marathon en me disant que ça avait l'air facile finalement ?
Comment ne pas se souvenir de toutes les séances d'entraînements, sur piste, sur route, sur chemin, sur la neige, sous le soleil, sous la pluie, sous le vent... ?
Et puis tous les bons souvenirs... courses avec une cape, à la lampe frontale, en travers d'une techno-parade, sous les applaudissements, pour une association caritative... mais il y a aussi des réminiscences moins rassurantes... crampes violentes, points de côté, périostite, aponévrosite et tout ces trucs bizarres que le coureur appelle "blessure" qui m'ont empêché de m'entrainer pendant 2 mois...
Il faudra composer avec tout ça, ce soir, et avec tout le reste : vérification mentale du matos à emporter, mémorisation des temps de passages, des endroits clés (faux-plats, virages serrés, photographes, ...), etc.
Et puis, pour finir, tout oublier et enfin dormir.
Bonne nuit à tout ceux avec qui j'aurai plaisir de courir demain !
02 février 2009
15 km de Charenton : Courir sous cape
Petit compte-rendu de ma première course 2009.
C'était donc un 15 km, une distance finalement assez peu courante, bâtarde entre le 10 km et le semi, que je n'avais jamais courue auparavant. Après plusieurs séances d'essai la semaine précédente, j'en était arrivé à la conclusion que je ne pourrais pas effectuer du 15km/h pendant une heure, et mon objectif était donc de 1h03 (sachant que j'avais fait 1h03'35" sur semi). Le calcul était vite fait, je devais boucler chaque kilomètre en 4'10".
Après un petit échauffement avec quelques potes dans le froid mordant, j'ai entrevu Karatekoud, mais nous n'avons eu hélas que le temps que de nous saluer, car l'échéance du départ approchait. Comme il le dit lui-même dans son CR, c'est toujours amusant de mettre un visage sur un pseudo de bloggueur.
Dès les premières foulées, j'ai eu à cœur de faire un bon départ, bien vite, histoire de mettre une petite marge de quelques secondes pour la fin. Je n'ai donc mis que 8 minutes pour parcourir les 2 premiers kilomètres, prenant ainsi 20 secondes d'avance sur mon timing. Ensuite, j'avais pour idée de conserver cette avance, ni plus ni moins, aussi longtemps que possible.
Le parcours n'est pas très beau, malgré une incursion dans le bois de Vincennes, et à de nombreuses reprises il y a des virages très serrés avec des gravillons, des relances qui nuisent franchement à la vitesse. Par contre, les allées et les rues étaient larges et je n'ai pas eu à slalomer ou à me frayer de passage parmi les 1068 concurrents, ce qui est très agréable.
Je courrais donc, concentré sur moi-même, négligeant les ravitaillements (d'ailleurs ce n'était que de l'eau en gobelets je crois). Au kilomètre 10, j'avais toujours mes 20 secondes d'avance, établissant au passage un nouveau record perso sur cette distance en 41'18" (précédent record en 41'41"). Mais une certaine fatigue commençait à se faire sentir. Psychologiquement, j'ai toujours un barrage aux 3/4 de la course (au 15ème kilo d'un semi, au 11ème kilo de ce 15 km). C'est l'effet "mur du 30ème" que connaissent les marathoniens, mais à l'échelle d'une distance moindre. Bref, au kilomètre 12, j'avais complètement perdu mon avance.

Ceci est une photo (inédite) du Trail des Flambeaux. Mais c'est pour vous donner une idée de ce qu'est la CAPe :p
Ce qu'il y a de bien, quand on court déguisé, c'est qu'on bénéficie des encouragements de tout le monde. On ne peut pas dire qu'il y avait beaucoup de spectateurs, mais ma cape fait toujours son petit effet parmi les badauds. Un coureur m'a confié à l'arrivée que je lui avais servi de point de repère. Par contre le vent soufflait parfois assez fort, et je devais gérer les mouvements de la cape (par exemple éviter que je me prenne les pieds dedans). Mais c'est le jeu !
Finalement, 15 km, ce n'est pas si long, et malgré cette faiblesse au 11ème kilomètre, j'ai conservé une allure correcte, terminant ainsi en 1h02'18" (+9" officiel). Record sur 15km. 140ème/1068 soit un ratio record de 13,1%.
Bon, alors, oui, j'ai mérité ma breloque autour du cou, mais quand même ce n'est pas du gros gros record. Ca m'a tout de même mis en confiance et je me demande si je ne vais pas tenter le marathon en 13km/h (ce qui ferait un objectif de 3h15, au lieu de mon objectif de 3h30).
17 décembre 2008
Marathon de Paris 2009
Pour ceux d'entre vous qui me lisent de temps en temps, c'est un secret de polichinelle : je vais participer au Marathon de Paris le 5 avril prochain.
Les inscriptions ont commencé le 15 septembre, et en 2 mois, les 37000 dossards étaient réservés. Il n'y a donc plus de place, mais une fois n'est pas coutume, j'avais un peu anticipé, et je partirai donc en tant que numéro 11431. C'est bien la première fois que j'ai 5 chiffres !

Je suis dans le sas des 3h30. Je trouve que c'est large, 3h30. Rendez-vous compte, ça fait 5 minutes par kilomètre ! En même temps, 42 kilomètres... c'est très très long, faut les tenir. C'est d'ailleurs tellement long, que ça me fait un peu peur. J'aurai presque envie de suivre un plan d'entrainement. Presque.
Comme c'est mon premier marathon, c'est un peu l'"aventure", et donc j'en reparlerai souvent ici.
19 octobre 2008
Semi-Marathon de Reims 2008
Compte-rendu de mon 4ème et dernier semi-marathon (de 2008, hein, allez pas croire que je stoppe tout maintenant).
Déjà, petit aparté culinaire : J-1 midi du riz, et J-1 soir des pâtes. Le matin du jour J, un bol et demi d'infusion (pas de thé) avec une grooosse cuillère de miel, et du miel encore sur une biscotte. Rien de plus, et avalé environ 2h avant le départ. ça me semble une bonne tactique car je n'ai pas eu du tout d'ennuis digestifs sur la course.
Ensuite, rubrique bien-être : j'ai testé plusieurs crèmes sur ce semi, en particulier le warming gel d'Aptonia, qui chauffe effectivement un petit peu, mais ça reste light par rapport au bon vieux Décontractyl, même en appliquant une bonne dose. Disons que c'est l'idéal pour un petit massage avant l'échauffement. Faudra que je ponde un billet sur toutes ces foutues crèmes...

Y'a du monde au départ : 11000 concurrents, dont 3000 officiellement sur le semi-marathon.
Question approvisionnement sur le parcours, j'avais décidé de tester la course sans ravitaillement. Comprenez, en autonomie. Avec une ceinture digne de celle de Batman, pleine de gadgets : 4 mini-gourdes que j'avais préalablement remplies de potion magique (eau + isostar en poudre surdosé), 4 cachets de dextrose à croquer, et 2 gels énergétiques type "coup de fouet de Sauron" blindés de vitamines et de caféine. Très peu de gens font ça : la grande majorité pioche dans les ravitos disposés tous les 5km. Mais je revendique mon droit à l'excentricité.
C'était vraiment une course-test, car, en plus des crèmes, du ravitaillement en autonomie, j'ai également testé le départ en queue de peloton, au lieu de vouloir absolument occuper les premières places. Voilà comment ça s'est passé :

Les percus au départ c'est bien, mais on entend plus le coup de feu initial. Ouais, je sais je suis jamais content :) Percus je vous aime !!!
Les premiers partent déjà, que nous sommes toujours à l'arrêt. Je commence à courir 2 minutes après, en franchissant la ligne de départ. Devant moi, 3000 personnes à doubler. Un beau programme. Je slalome, et on arrive rapidement sur une route assez large qui me permet d'avancer sans trop de bousculade. Le premier kilomètre arrive en 4'07", et je décide à ce moment de tenter pour de bon un semi-marathon en moins d'1h30, soit 4'15"/km. Il fait beau, je me sens bien, j'avance vite. Progressivement, je prends de l'avance sur mon chrono, et au kilomètre 5 j'ai 45" d'avance. C'est une allure risquée, je le sais, mais ça me plait, alors je ne me prive pas trop. Le parcours est très très roulant, grâce à un dénivelé tout simplement nul, un plat total et des grandes lignes droites. Je déboule au kilomètre 10 en 41'41" (soit 49" d'avance), après une petite accélération qui me fera dépasser mon record sur 10km (précédent record établi sur le semi de Nancy en 42'00").
A ce moment, je suis déjà très satisfait, et je m'octroie un petit ralentissement, le temps de manger un gel énergétique. Ces gels sont vraiment une catastrophe alimentaire, sache-le toi qui n'en mangera jamais. Ça ressemble à un mini-tube de dentifrice que tu mets direct dans la bouche. Bien sûr pendant ce temps, tu ne peux plus respirer et t'es au bord de l'asphyxie, donc la technique c'est, en deux temps, de mettre le gel dans la bouche, prendre quelques respirations l'air de rien, puis avaler. Mais le gel est over-gluant, et refuse de sortir sauf sur tes mains (et il agit alors comme de la super-glue de catégorie A). Et puis même si t'arrives à l'avaler, c'est dégueulasse (d'où l'adage du runner "plus c'est dégueu plus c'est énergétique"). Alors, est-ce que c'est efficace ? La suite va probablement nous l'enseigner...

Là je fais le malin, mais c'est parce que je sais que ça va arriver sur le blog...
Je cours, mais je me rends compte que je perds 10" d'avance à chaque kilomètre, et je vais te dire, ça me rend un peu furax. Je passe le kilomètre 15 en 63'35", dans les temps. Ça fait donc 5 kilomètres que j'ai ralenti. Désormais, je n'ai plus le choix, il va falloir courir sérieusement. Je trouve étonnant d'avoir encore une forme assez bonne et mets le paquet pour suivre des lièvres que je me désigne. Pourtant à maintes reprises, je dois dépasser ceux que je suis car je les sens trop lents, comme ce groupe que j'ai pourtant encouragé... pour qu'il me tire ! héhéhé.
Le kilomètre 17 est une longue descente qui te remet dans le rythme, voire donne des ailes. Quand je regarde mon chrono, j'ai du mal à croire que je suis déjà là. Par contre, un truc à savoir - que je savais - sur le semi de Reims, les 3 derniers kilomètres sont en montée, et le dernier est le pire de tous. C'est pas que j'ai peur des montées, mais il y a des bosses qui cassent bien les jambes, et le rythme devient dur à tenir.

C'est le rush jusqu'au bout. Pas de pause au planning, le chrono ne laisse pas de répit !
Je vois, au détour d'un virage, une grande arche gonflable avec inscrit en gros "dernier kilomètre". Je jette un oeil au chrono. Il me reste 4'30" pour boucler en 90'. Je vais battre mon record, et ça fait un moment que je le sais, mais je vais peut-être bien passer aussi en dessous de cette foutue heure et demie. Je donne tout ce que j'ai (bon, j'ai plus grand chose, mais quand même), et j'arrive en 1h29'43" (+1'51"officiel), explosant mon record. Classement : 349ème/2412 soit un ratio de 14,5%, encore un record...
Il y a des enseignements à tirer de tout ça :
- courir 2 semi-marathons à 2 semaines d'intervalles est tout à fait faisable sans baisse de forme ;
- le ravitaillement en autonomie me semble intéressant, il faudra juste que j'apprenne un jour à manger en courant. Il me restait plus de la moitié de mon eau (donc assez pour aller au kilomètre 42... hum) ;
- le parcours de Reims est ultra-roulant (plus en tout cas que Nancy, Strasbourg, Boulogne, et même Paris)

La photo du finish, c'est à dire au moment de la course où t'es le plus sur le point de craquer...
Et comme à chaque fois, le p'tit bilan du circuit :
Points forts :
- parcours hyper roulant ;
- tous les kilomètres sont indiqués, au sol et sur un drapeau en bord de route ;
- photo et vidéo de finish ;
- le circuit croise celui des 10km et celui du marathon, ce qui fait que les coureurs s'encouragent entre eux
Points faibles :
- pas de meneur d'allure sur le semi (contrairement à l'an dernier) ;
- ambiance un peu light (sauf pour ce gamin qui tendait des éponges en proclamant "Ici, c'est gratuit, et ça rafraichit !") ;
- trop tard dans la saison, obligé de mettre au moins 3 t-shirt, et encore, il faisait beau !
Au passage, petite pub pour JSC, dont je portais les couleurs sur cette course...
06 octobre 2008
Semi-Marathon de Nancy 2008
Alors voilà.
Je suis à Nancy, le premier sur la ligne de départ (jusqu'au moment où un sas élite kenyans s'improvise devant), avec mon sac plastoc sur le dos pour pas avoir froid, j'ai mon dossard, ma puce, et la pêche, et même un rayon de soleil dans le dos, bref, je suis fin prêt.
Pan ! La bousculade du départ habituelle est quasi-inexistante au semi de Nancy, car il y a environ 1300 coureurs "seulement". Du coup, je prends assez vite un bon rythme, sans être entrainé ni freiné par les autres coureurs, avec un objectif de 4'15''/km (soit le semi en 90'). Ce coup-ci, j'ai volontairement omis de prendre mon cardio qui me stresse plus qu'autre chose durant les compétitions.
Il m'arrive toute de même un (mini) pépin durant les premiers kilomètres : les lacets de ma chaussure gauche se défont deux fois. Pourtant c'est des lacets techniques indéfaisables, mais bon. Au passage, si ça vous branche, certaines personnes ont développé une technique pour faire ses lacets hyper-vite : ça se passe ici.
C'est donc lors d'un refaisage de lacet, que je me fait rattraper par le premier drapeau (qui doit courir le semi en 1h30).
J'en profite donc pour prendre sa foulée, et grand bien m'en a pris, car à Nancy, les kilomètres ne sont pas indiqués (sauf les inévitables 5, 10, 15 et 20). Un peu comme à chaque fois, la course va un peu trop vite pour moi, mais je réussi à garder une allure correcte en accrochant un coureur, et ici, ce coureur, c'est le meneur d'allure 1h30.
On passe le kilomètre 5 vers 21', ce qui est correct, ça me met en confiance pour la suite, bien que je sois un peu frustré de ne pas avoir pu me ravitailler (car le ravitos était vraiment petit, blindé de monde, et je ne l'avais pas anticipé).
Tout se passe bien jusqu'à une longue montée pour aboutir au kilomètre 10, le vent de face. Quand j'arrive au ravitos de mi-parcours, j'estime que le meneur d'allure m'a mis 30 secondes dans la vue, mais le chrono indique qu'il avance un peu vite, car je passe le kilomètre 10 en 42'.

La place Stanislas, où a eu lieu le départ
L'arrivée est au même endroit que le départ (le parcours est différent de la précédente édition), donc il y a un dénivelé nul, pourtant j'ai l'impression que ça monte tout le temps. Je vois le groupe qui suit le meneur 1h30, et je me dis qu'il faut que je rattrape tout ce petit monde, mais je galère bien. Devant moi, un triathlète discute tranquillement avec un cycliste, comme si c'était son footing du dimanche... Je dois déjà avoir parcouru 12km, quand on prend un virage et un méchant vent de face. J'accélère radicalement et retrouve enfin le meneur d'allure et les coureurs qui le suivent, histoire de me protéger du vent (même si je crois qu'il faut se coller beaucoup plus pour réellement se placer à l'abris).
Et puis là, se passe un truc bizarre. Je crois que je perds juste ma concentration. Enfin bref, je me fais distancer, et j'arrive au kilomètre 15 en 64'15". 30 secondes de retard. C'est pas grand chose, mais l'écart se creuse encore, et je commence à avoir mal au mollets (ce qui me fait assez plaisir, parce que d'habitude je suis plutôt limité par mon souffle).
Bref, J'arrive au kilomètre 20 en 87'30", et je sais à ce moment que je ne passerai pas sous les 90 minutes. D'un autre côté, je sais aussi que je joue avec mon record perso (92'53"). A cet instant, je suis en guerre psychologique avec mes jambes qui prétendent être fatiguées, à mon grand étonnement, car, je le répète, mon problème majeur ces dernières courses (y compris en entrainement d'ailleurs), c'était le souffle.
Et puis sur la fin, arrivée place Stanislas, je renoue avec mes habitudes (que j'avais perdu sur le semi de Strasbourg faute d'énergie), je parcours les 100 derniers mètres en sprintant et criant (ce qui provoque toujours la joie des spectateurs
RECORD !!!
Un an que je l'attendais, le voilà enfin, en 92'10"(+4"officielles). Classement : 240/1254, soit un ratio de 19,1%
[Résultats officiels ici]
Je pense que la plupart des gens diront que pour une poignée de secondes, franchement, y'a pas de quoi trouver ça formidable. A ceux-là il faut que je dise qu'un record au chrono, que ce soit de 43 secondes ou de 10 minutes, reste une victoire, puisqu'on a prouvé qu'on pouvait aller au-delà de la limite. Et quand ça arrive après des dizaines (centaines même) de kilomètres d'entrainement, on est bien content. pouet pouet tralalaïtou !
Ça redonne du peps, de la confiance en soi, et une volonté encore plus forte de repousser la limite :)

L'arrivée s'effectuait au passage de cette porte. Le public et l'ambiance en plus. Avouez que ça pète, quand même.
Pendant que j'y suis :
Points forts :
- peu de coureurs, donc peu pas de bousculade.
- un tirage au sort final indépendant du classement pour gagner des chaussures, ordi, voiture... récompenser la participation davantage que la victoire, c'est bon esprit (même si j'ai rien gagné).
- meneurs d'allure. Je sais que c'est devenu monnaie courante ailleurs, mais c'est une amélioration à Nancy, et celui que je suivais m'a semblé très régulier.
Points faibles :
- Y'a encore du boulot pour le ravitos du kilomètre 5. Je l'ai pas mis dans mon CR, mais plus d'une fois je me suis senti en manque de sucre.
- Si seulement les kilomètres étaient tous indiqués... Au moins les 5 premiers !
01 juin 2008
Photos du semi de Strasbourg
Hop hop... me revoilà à petites foulées après une absence assez longue ici, le temps pour moi de récupérer de ma petite escapade en terre sauvage. Tout à commencé lors de ma première étape à Strasbourg, avec un bon semi comme je les aime. L'histoire est ici, mais comme j'ai eu la chance d'être photographié, je poste cette petite extension photographique.

La scène se passe dans le fameux tram strasbourgeois très design, progressant silencieusement sur une voie herbeuse, tel le tigre traquant sa proie dans la savane (oui je me laisse un peu emporter). Remarquez comme je fais le finaud. La casquette estampillée d'une marque de bière n'y est sans doute pas pour rien (je me demande d'ailleurs ce qu'elle est devenue). Heureusement, il y a des concurrents un peu sérieux comme le type qui se cache au fond, là. Ça me fait toujours sourire de voir des coureurs hors de leur milieu avant une course, on sent bien qu'ils font pas partie de l'écosystème. C'est presque aussi étrange qu'un type en costard sur la ligne de départ.

Là c'est la feinte de la fouine des neiges : pour tromper l'adversaire, j'ai changé de maillot. Celui-ci affiche un "courons plus vite que le cancer" mi-drôle mi-flippant. Enfin moi je suis capricorne, donc ça va. Soutien à JSC.

Voilà une photo qui me fait assez rire, maintenant que je suis dans mon fauteuil, peinard. Non mais c'est vrai, on dirait que je m'énerve, points sur les hanches, contre mon ombre qui ose me doubler. Dur dur ce dernier kilomètre !
18 mai 2008
Défi 13 - Semi marathon de Strasbourg : un superbe parcours
Je viens de boucler la course !
Et surtout, je viens de dénicher les résultats officiels, donc voilà le tableau : Le record à battre était de 1h32'53''. Perdu... J'ai fais 1h34'08" (temps réel, le général est d'1h35'14"). Mais bon, on va pas chipoter pour une minute ou deux, hein. J'étais pas si loin du but. C'est juste que j'y suis allé trop cool dès le début.
Aller, petit récit de cette escapade alsacienne, sous un beau soleil (qui avait pris une forme de nuage avec des gouttes en dessous sur la carte facétieuse de Météo France) :
Je vous passe les détails du matin sans appétit (coupé par le stress comme avant chaque course) et vasouilleux (franchement, était-ce vraiment une bonne idée de frimer avec ce litre de bière hier soir ?).
Arrivé sur les lieux, je rencontre le sémillant Fred, de l'association JSC, qui me remet le tee-shirt de l'assoc'. A un moment, j'ai bien cru qu'on allait pas se retrouver, et ça aurait été vraiment dommage, car courir contre le cancer était l'un des mes objectifs majeurs. Cancer, Fuck off !!
Comme à accoutumée, je me place dans un sas, et pan ! Roule jeunesse ! Les 3 premiers kilomètres sont assez agaçants car on se piétine un peu, et autant la bousculade fait partie du folklore dans un concert de métal, autant dans une course c'est un peu moins fun.
Mais bientôt tout ce petit monde trouve son rythme et lorsque qu'apparait la cathédrale, on pense enfin à autre chose que jouer des coudes. La visite accélérée de Strasbourg est hyper agréable (j'ai encore plus apprécié qu'à Paris). Les petites ruelles de la vieille ville, les colombages si typiques, la double traversée du Rhin qui inspire la rêverie, le passage plaisant chez les germanophones qui applaudissent en allemand (l'écho est différent), le retour en croisant le départ des 10km (on est bien encouragé - merci Fred !), le public tout du long... le top !
J'ai été très régulier, et je me suis même pris le luxe de faire un négative split (deuxième moitié courue plus rapidement que la première) dont je suis assez fier, malgré un dernier kilomètre bien ralenti par un de ces points de côté teigneux dont mon corps a le secret.
Distance > temps > temps total précalculé
5km > 22'30" > 1h35'
10km > 44'45" > 1h34'25"
15 km > 1h07' > 1h34'20"
20km > 1h29' > 1h33'55"
SEMI > 1h34'08"
Une ambiance conviviale, mais surtout un parcours de qualité, m'ont vraiment fait apprécié la course (et accessoirement, c'était l'un de mes objectifs). Ajoutez à cela que je soutenais une cause, et vous comprendrez que ce n'est pas la fin du monde de ne pas avoir décroché un record (saleté de chrono j'aurai ta peau !).
Grâce à ma supportrice strasbourgeoise n°1 (qui, l'air de rien, m'a fait l'affront de courir plus vite que moi avec tout son barda juste pour me prendre en photo) vous aurez donc bientôt ici quelques visuels et même, ô miracle du guerilla-reportage, de la vidéo.
En attendant, comme vous êtes hyper frustrés parce que vous adorez vous gaver d'images et qu'il n'y en a pas une seule dans ce billet, je vous invite à cliquer ici où vous pourrez suivre ma course du début à la fin (tapez juste mon numéro de dossard : le 1155 (non, pas sur votre téléphone, madame)). C'est ludique, c'est débile : la rédaction apprécie.
Les points que j'ai apprécié :
- Parcours très agréable, en vieille ville
- Parcours roulant (hormis les ponts et l'arrivée, mais j'ai vu 10 fois pire)
- Les masseuses à l'arrivée
- Le p'tit sac offert avec plein de bazar promotionnel dedans
Les points que je n'ai pas aimé :
- Pas de ravitaillement solide (sauf au kilomètre 16, mais c'est un peu tard)
- Les passages dans le parc, sur du sable
18 avril 2008
Défi 13 - Semi marathon de Strasbourg
Il reste un mois jour pour jour avant le coup de feu de départ.
Cette semaine et celle qui vient, c'est entrainement intensif : Je cours chaque jour depuis dimanche dernier, environ une heure. La plupart du temps, j'adopte un rythme lent, mais il m'arrive de caser une séance plus rapide.
Ensuite je ralentirai le rythme jusqu'à la date clé où il faudra être en super forme.
Je ne vais pas courir spécifiquement pour faire un temps. C'est l'un de mes objectifs, mais pas le seul.
Ce semi-marathon de Strasbourg, je vais le courir aux couleurs de l'association JSC (Jeunes Solidarité Cancer).
j'en profite donc pour caser quelques mots afin expliquer un peu qu'est-ce que c'est que cette assoc'...

QUI ?
Des ados, des jeunes adultes. Ils étaient là, peinards, et puis un jour ils se sont sentis concernés par le cancer parce qu'un proche l'a eu, ou qu'ils sont eux-mêmes malades. Ou alors juste comme ça.
OU ?
Comme toutes les routes mènent à Paris, JSC y est représenté, mais il existe aussi des petites antennes un peu partout en France : Dans le Nord, les Rhône-Alpes, la Côte d'Azur, et bien entendu, à Strasbourg (Haut-Rhin, donc).
QUOI ?
Le but, c'est d'aider les jeunes malades qui sont parfois un peu
oubliés. C'est vrai qu'on a du mal à associer jeune et cancer dans une
même phrase. Pourtant les ados atteints du cancer, il y en a (trop).
JSC propose régulièrement à des bénévoles de courir contre le cancer, pour populariser l'association et entrainer une prise de conscience. Ces "opérations", les Running4Life consistent à courir certaines épreuves, comme, par le passé, le semi-marathon de Paris, celui de Lille, ou encore l'édition 2007 des courses de Strasbourg.
Courir pour JSC, c'est pour moi une source de motivation supplémentaire pour courir, et surtout le plaisir de rendre mes humbles foulées un peu plus utiles.