Défi 10 : Musique Maestro !
Pour bien commencer la saison, j'ai voulu relever un premier défi pas très classique, et pas si facile qu'il en a l'air.
Objectifs : Courir 1 heure, en écoutant de la musique, et en chantant.
A l'issue de cette épreuve, je ne sais toujours pas comment font les gens qui courent avec un baladeur sur les oreilles. En les observant, on a l'impression que tout est normal, tout va bien, c'est génial les petits oiseaux font cuicui les papillons volent. Mais en fait, il n'en est rien !! A l'intérieur, c'est le chaos, car le cerveau doit lutter entre le rythme entraînant de la musique, et celui bien différent des pieds qui avancent.

"Tiens, c'est marrant cette musique, on dirait une symphonie de klaxons !"
Je savais bien que ça n'allait pas être simple, et j'avais même fait un peu d'apnée à la piscine pour m'entraîner à respirer n'importe comment, et ça n'a pas loupé : au bout d'une demi-heure, je suffoquais. Pourtant, j'avais mis une stratégie (foireuse) au point, digne d'une ruse de Kasparov (un sacré goupil celui-là) : C'est simple, je courais sur le même rythme que la musique, et à chaque pulsation, je posais un pied au sol. Sauf que le terrain était miné...
Hé ouais, parce que pour commencer, la musique change de rythme toutes les 3 ou 4 minutes, ce qui rend la course irrégulière, mais surtout, il y a des fois où la pulsation musicale est trop lente ou trop rapide pour être suivie, et là, c'est le drame ! Complètement déboussolé, je ne savais plus comment et quand poser les pieds. Alors j'ai pété un plombs comme on dit chez les électriciens, et j'ai chanté plus fort une sorte d'improvisation sans doute fort peu mélodieuse, pour couvrir ce que j'écoutais. Je dis pas que c'était forcément très efficace. Essayez, rien qu'un instant de courir et chanter en même temps, et vous verrez à quel point une chanson, aussi belle soit-elle, peut devenir totalement discordante et méconnaissable, et à quel point cela peut être ridicule de faire une telle chose.

Un éléphanteau qui court en arrosant l'un de ses congénères. C'est la preuve que le défi absurde est naturel.
Oui parce que j'étais entouré, comme il se doit, par tous les coureurs de Vincennes et par les familles venues se balader le dimanche dans le bois. J'ose à peine imaginer le spectacle que ça devait être pour eux, de voir un dingue courir n'importe comment, en beuglant des soli de guitare (avec les gestes du batteur en bonus) entrecoupés de respirations dont la sonorité devaient vaguement évoquer l'agonie d'un phoque enrhumé. Du coup j'ai croisé quelques sourires et autres regards éberlués. Mais c'est ça aussi, le mad running : les limites ne sont pas que physiques, il faut aussi repousser les conventions, la bienséance, la normalité, et tenter, avec son petit cerveau, d'aller au-delà du déjà vu pour atteindre le surprenant.
Pour conclure, j'ai donc tenu une heure, et uniquement grâce/à cause du défi, mais chaque minute supplémentaire aurait été un supplice pour mes poumons. Courir en chantant et en écoutant de la musique, plus jamais ça ! Non mais sans blague, j'avais presque envie de rejoindre les cygnes dans leur étang pour noyer mon baladeur. Je préférerais encore courir en apnée ! Tiens, mais c'est une idée, ça...