Alors voilà.
Je suis à Nancy, le premier sur la ligne de départ (jusqu'au moment où un sas élite kenyans s'improvise devant), avec mon sac plastoc sur le dos pour pas avoir froid, j'ai mon dossard, ma puce, et la pêche, et même un rayon de soleil dans le dos, bref, je suis fin prêt.
Pan ! La bousculade du départ habituelle est quasi-inexistante au semi de Nancy, car il y a environ 1300 coureurs "seulement". Du coup, je prends assez vite un bon rythme, sans être entrainé ni freiné par les autres coureurs, avec un objectif de 4'15''/km (soit le semi en 90'). Ce coup-ci, j'ai volontairement omis de prendre mon cardio qui me stresse plus qu'autre chose durant les compétitions.
Il m'arrive toute de même un (mini) pépin durant les premiers kilomètres : les lacets de ma chaussure gauche se défont deux fois. Pourtant c'est des lacets techniques indéfaisables, mais bon. Au passage, si ça vous branche, certaines personnes ont développé une technique pour faire ses lacets hyper-vite : ça se passe ici.

C'est donc lors d'un refaisage de lacet, que je me fait rattraper par le premier drapeau (qui doit courir le semi en 1h30).
J'en profite donc pour prendre sa foulée, et grand bien m'en a pris, car à Nancy, les kilomètres ne sont pas indiqués (sauf les inévitables 5, 10, 15 et 20). Un peu comme à chaque fois, la course va un peu trop vite pour moi, mais je réussi à garder une allure correcte en accrochant un coureur, et ici, ce coureur, c'est le meneur d'allure 1h30.

On passe le kilomètre 5 vers 21', ce qui est correct, ça me met en confiance pour la suite, bien que je sois un peu frustré de ne pas avoir pu me ravitailler (car le ravitos était vraiment petit, blindé de monde, et je ne l'avais pas anticipé).
Tout se passe bien jusqu'à une longue montée pour aboutir au kilomètre 10, le vent de face. Quand j'arrive au ravitos de mi-parcours, j'estime que le meneur d'allure m'a mis 30 secondes dans la vue, mais le chrono indique qu'il avance un peu vite, car je passe le kilomètre 10 en 42'.

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La place Stanislas, où a eu lieu le départ


L'arrivée est au même endroit que le départ (le parcours est différent de la précédente édition), donc il y a un dénivelé nul, pourtant j'ai l'impression que ça monte tout le temps. Je vois le groupe qui suit le meneur 1h30, et je me dis qu'il faut que je rattrape tout ce petit monde, mais je galère bien. Devant moi, un triathlète discute tranquillement avec un cycliste, comme si c'était son footing du dimanche... Je dois déjà avoir parcouru 12km, quand on prend un virage et un méchant vent de face. J'accélère radicalement et retrouve enfin le meneur d'allure et les coureurs qui le suivent, histoire de me protéger du vent (même si je crois qu'il faut se coller beaucoup plus pour réellement se placer à l'abris).

Et puis là, se passe un truc bizarre. Je crois que je perds juste ma concentration. Enfin bref, je me fais distancer, et j'arrive au kilomètre 15 en 64'15". 30 secondes de retard. C'est pas grand chose, mais l'écart se creuse encore, et je commence à avoir mal au mollets (ce qui me fait assez plaisir, parce que d'habitude je suis plutôt limité par mon souffle).

Bref, J'arrive au kilomètre 20 en 87'30", et je sais à ce moment que je ne passerai pas sous les 90 minutes. D'un autre côté, je sais aussi que je joue avec mon record perso (92'53"). A cet instant, je suis en guerre psychologique avec mes jambes qui prétendent être fatiguées, à mon grand étonnement, car, je le répète, mon problème majeur ces dernières courses (y compris en entrainement d'ailleurs), c'était le souffle.
Et puis sur la fin, arrivée place Stanislas, je renoue avec mes habitudes (que j'avais perdu sur le semi de Strasbourg faute d'énergie), je parcours les 100 derniers mètres en sprintant et criant (ce qui provoque toujours la joie des spectateurs, et comme je cours un peu aussi pour la frime...) et je vois le chrono qui vient de passer les 92' ! ça sent la victoire... et...
RECORD !!!
Un an que je l'attendais, le voilà enfin, en 92'10"(+4"officielles). Classement : 240/1254, soit un ratio de 19,1%
[Résultats officiels ici]
Je pense que la plupart des gens diront que pour une poignée de secondes, franchement, y'a pas de quoi trouver ça formidable. A ceux-là il faut que je dise qu'un record au chrono, que ce soit de 43 secondes ou de 10 minutes, reste une victoire, puisqu'on a prouvé qu'on pouvait aller au-delà de la limite. Et quand ça arrive après des dizaines (centaines même) de kilomètres d'entrainement, on est bien content. pouet pouet tralalaïtou !
Ça redonne du peps, de la confiance en soi, et une volonté encore plus forte de repousser la limite :)


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L'arrivée s'effectuait au passage de cette porte. Le public et l'ambiance en plus. Avouez que ça pète, quand même.

Pendant que j'y suis :
Points forts :
- peu de coureurs, donc peu pas de bousculade.
- un tirage au sort final indépendant du classement pour gagner des chaussures, ordi, voiture... récompenser la participation davantage que la victoire, c'est bon esprit (même si j'ai rien gagné).
- meneurs d'allure. Je sais que c'est devenu monnaie courante ailleurs, mais c'est une amélioration à Nancy, et celui que je suivais m'a semblé très régulier.
Points faibles :
- Y'a encore du boulot pour le ravitos du kilomètre 5. Je l'ai pas mis dans mon CR, mais plus d'une fois je me suis senti en manque de sucre.
- Si seulement les kilomètres étaient tous indiqués... Au moins les 5 premiers !