Compte-rendu de mon 4ème et dernier semi-marathon (de 2008, hein, allez pas croire que je stoppe tout maintenant).

Déjà, petit aparté culinaire : J-1 midi du riz, et J-1 soir des pâtes. Le matin du jour J, un bol et demi d'infusion (pas de thé) avec une grooosse cuillère de miel, et du miel encore sur une biscotte. Rien de plus, et avalé environ 2h avant le départ. ça me semble une bonne tactique car je n'ai pas eu du tout d'ennuis digestifs sur la course.

Ensuite, rubrique bien-être : j'ai testé plusieurs crèmes sur ce semi, en particulier le warming gel d'Aptonia, qui chauffe effectivement un petit peu, mais ça reste light par rapport au bon vieux Décontractyl, même en appliquant une bonne dose. Disons que c'est l'idéal pour un petit massage avant l'échauffement. Faudra que je ponde un billet sur toutes ces foutues crèmes...

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Y'a du monde au départ : 11000 concurrents, dont 3000 officiellement sur le semi-marathon.

Question approvisionnement sur le parcours, j'avais décidé de tester la course sans ravitaillement. Comprenez, en autonomie. Avec une ceinture digne de celle de Batman, pleine de gadgets : 4 mini-gourdes que j'avais préalablement remplies de potion magique (eau + isostar en poudre surdosé), 4 cachets de dextrose à croquer, et 2 gels énergétiques type "coup de fouet de Sauron" blindés de vitamines et de caféine. Très peu de gens font ça : la grande majorité pioche dans les ravitos disposés tous les 5km. Mais je revendique mon droit à l'excentricité.

C'était vraiment une course-test, car, en plus des crèmes, du ravitaillement en autonomie, j'ai également testé le départ en queue de peloton, au lieu de vouloir absolument occuper les premières places. Voilà comment ça s'est passé :

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Les percus au départ c'est bien, mais on entend plus le coup de feu initial. Ouais, je sais je suis jamais content :) Percus je vous aime !!!

Les premiers partent déjà, que nous sommes toujours à l'arrêt. Je commence à courir 2 minutes après, en franchissant la ligne de départ. Devant moi, 3000 personnes à doubler. Un beau programme. Je slalome, et on arrive rapidement sur une route assez large qui me permet d'avancer sans trop de bousculade. Le premier kilomètre arrive en 4'07", et je décide à ce moment de tenter pour de bon un semi-marathon en moins d'1h30, soit 4'15"/km. Il fait beau, je me sens bien, j'avance vite. Progressivement, je prends de l'avance sur mon chrono, et au kilomètre 5 j'ai 45" d'avance. C'est une allure risquée, je le sais, mais ça me plait, alors je ne me prive pas trop. Le parcours est très très roulant, grâce à un dénivelé tout simplement nul, un plat total et des grandes lignes droites. Je déboule au kilomètre 10 en 41'41" (soit 49" d'avance), après une petite accélération qui me fera dépasser mon record sur 10km (précédent record établi sur le semi de Nancy en 42'00").

A ce moment, je suis déjà très satisfait, et je m'octroie un petit ralentissement, le temps de manger un gel énergétique. Ces gels sont vraiment une catastrophe alimentaire, sache-le toi qui n'en mangera jamais. Ça ressemble à un mini-tube de dentifrice que tu mets direct dans la bouche. Bien sûr pendant ce temps, tu ne peux plus respirer et t'es au bord de l'asphyxie, donc la technique c'est, en deux temps, de mettre le gel dans la bouche, prendre quelques respirations l'air de rien, puis avaler. Mais le gel est over-gluant, et refuse de sortir sauf sur tes mains (et il agit alors comme de la super-glue de catégorie A). Et puis même si t'arrives à l'avaler, c'est dégueulasse (d'où l'adage du runner "plus c'est dégueu plus c'est énergétique"). Alors, est-ce que c'est efficace ? La suite va probablement nous l'enseigner...

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Là je fais le malin, mais c'est parce que je sais que ça va arriver sur le blog...

Je cours, mais je me rends compte que je perds 10" d'avance à chaque kilomètre, et je vais te dire, ça me rend un peu furax. Je passe le kilomètre 15 en 63'35", dans les temps. Ça fait donc 5 kilomètres que j'ai ralenti. Désormais, je n'ai plus le choix, il va falloir courir sérieusement. Je trouve étonnant d'avoir encore une forme assez bonne et mets le paquet pour suivre des lièvres que je me désigne. Pourtant à maintes reprises, je dois dépasser ceux que je suis car je les sens trop lents, comme ce groupe que j'ai pourtant encouragé... pour qu'il me tire ! héhéhé.
Le kilomètre 17 est une longue descente qui te remet dans le rythme, voire donne des ailes. Quand je regarde mon chrono, j'ai du mal à croire que je suis déjà là. Par contre, un truc à savoir - que je savais - sur le semi de Reims, les 3 derniers kilomètres sont en montée, et le dernier est le pire de tous. C'est pas que j'ai peur des montées, mais il y a des bosses qui cassent bien les jambes, et le rythme devient dur à tenir.

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C'est le rush jusqu'au bout. Pas de pause au planning, le chrono ne laisse pas de répit !

Je vois, au détour d'un virage, une grande arche gonflable avec inscrit en gros "dernier kilomètre". Je jette un oeil au chrono. Il me reste 4'30" pour boucler en 90'. Je vais battre mon record, et ça fait un moment que je le sais, mais je vais peut-être bien passer aussi en dessous de cette foutue heure et demie. Je donne tout ce que j'ai (bon, j'ai plus grand chose, mais quand même), et j'arrive en 1h29'43" (+1'51"officiel), explosant mon record. Classement : 349ème/2412 soit un ratio de 14,5%, encore un record...

Il y a des enseignements à tirer de tout ça :
- courir 2 semi-marathons à 2 semaines d'intervalles est tout à fait faisable sans baisse de forme ;
- le ravitaillement en autonomie me semble intéressant, il faudra juste que j'apprenne un jour à manger en courant. Il me restait plus de la moitié de mon eau (donc assez pour aller au kilomètre 42... hum) ;
- le parcours de Reims est ultra-roulant (plus en tout cas que Nancy, Strasbourg, Boulogne, et même Paris)

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La photo du finish, c'est à dire au moment de la course où t'es le plus sur le point de craquer...

Et comme à chaque fois, le p'tit bilan du circuit :
Points forts :
- parcours hyper roulant ;
- tous les kilomètres sont indiqués, au sol et sur un drapeau en bord de route ;
- photo et vidéo de finish ;
- le circuit croise celui des 10km et celui du marathon, ce qui fait que les coureurs s'encouragent entre eux
Points faibles :
- pas de meneur d'allure sur le semi (contrairement à l'an dernier) ;
- ambiance un peu light (sauf pour ce gamin qui tendait des éponges en proclamant "Ici, c'est gratuit, et ça rafraichit !") ;
- trop tard dans la saison, obligé de mettre au moins 3 t-shirt, et encore, il faisait beau !

Au passage, petite pub pour JSC, dont je portais les couleurs sur cette course...