Je profite de ce jour de repos pour étayer un peu l'un des sujets dont je vous ai parlé brièvement hier : la technique secrète de l'endurance par le rêve...

Grâce à cette technique que j'ai retrouvée hier, je suis capable de faire durer beaucoup plus mon effort. Ca paraît incroyable, mais pourtant ça fonctionne, et ça ne demande presque pas d'entraînement. Voici comment je procède :

Lorsque je dois courir longtemps (disons plus d'une heure), j'ai toujours tendance à "écouter" mon corps. Typiquement, ça se passe comme ça :
Mon genou : "Ho ! ça commence à me gonfler, là. ça fait déjà 45 minutes qu'on court, et je vois toujours pas la maison arriver !"
Ma tête : "Allons, calme toi. Nous avons un défi à surmonter et on va courir un peu plus que d'habitude. Mais tu verras, c'est pas la mer à boire, c'est à ta portée."
Mon genou : "Mouais... Ne faisons pas traîner les choses, quand même, hein"
Ma tête (pour elle-même) : "Ouf, déjà un genou de géré..."
Ma cuisse droite : "Hey ! Les gars ! Je surchauffe ! ça sent le crash, là ! Mayday !"
Ma tête : "Ok la cuisse, ici la tête, je te reçois cinq sur cinq ! On va te sortir de là ! On bascule sur la cuisse gauche."
Ma cuisse gauche : "J'ai compris, je prends 60% des appuis, histoire de relâcher un peu la pression à droite. Faites vite, je tiendrais pas dix ans comme ça !"
Mon poumon droit : "J'ai un déséquilibre. Point de côté prévu dans 45 secondes si le rythme des cuisses n'est pas régularisé rapidement."
Ma tête : "Et merde... A tous les organes ! On va ralentir la course pour reprendre notre souffle et soulager les cuisses. Parés ? 3, 2 , 1... maintenant !"
Mon poumon : "Retour à la normale. J'effectue une ventilation augmentée pour stabiliser le diaphragme à long terme."
Ma tête : "Bien reçu ! Comment vont les cuisses ?"
Ma cuisse droite : "Impec. Merci pour la solidarité, je suis pas comme neuve, mais presque."
Ma cuisse gauche : "Ca roule pour moi aussi ! Je suis opérationnelle à 95%."
Ma tête (à elle-même) : "Bon. Encore une situation d'urgence de sauvée. Combien on a perdu de temps avec ces conneries ? Holala... Il faudrait accélérer un bon coup pour rattraper le retard, mais si je fais ça, tout le monde va basculer dans le rouge..."

Et ça peut continuer très très longtemps comme ça.
Je matte le chrono, je calcule la vitesse à laquelle je vais, et je prie pour que tout ce petit monde (cuisses, genoux, poumons, pieds...) arrive sans mal au bout de la course.

En fait, ce qui se passe, c'est que je m'inquiète trop de savoir si ça va bien ou pas. C'est dans ces moments là, où j'ai failli tout lâcher, mais où j'ai repris la course presque normalement, que j'enclenche l'endurance par le rêve : Au lieu de penser à quel muscle fait quoi, et si j'ai de bonnes sensations ou non, je choisi de penser à autre chose. Le film d'hier soir, la nouvelle que j'écris, la fille que j'aime... Plus le sujet auquel je rêve me tient à coeur, plus l'évasion est aisée. Le corps passe en pilotage automatique, faisant un footing à peine accéléré, et les muscles cessent d'émettre des commentaires et des signaux d'alerte, puisque la tête s'en fout. Mieux encore, les yeux dirigent d'eux-même le corps dans la bonne direction, et les jambes suivent docilement le chemin (à la condition que le circuit ait été préalablement pensé et qu'il ne faille pas choisir quelle direction prendre à chaque carrefour).
Je peux rester dans cet état 10 minutes, et ça prolonge ma course d'autant de temps. Ensuite, je me remets à fond dans ma course, l'esprit frais. Plus tard, je peux recommencer le processus sans problème. Je pense même que le fait de courir aide à obtenir cet état de rêveur.
Et vous, le pilotage automatique, ça vous est déjà arrivé ?